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Liban - Commentaire

La crise libanaise, une carte de contre-pression aux mains de l’axe syro-iranien

Il se répète que la Syrie n'aidera pas tant qu'elle ne sera pas rassurée sur la teneur de l'acte d'accusation dans l'assassinat de Rafic Hariri. Pour prévenir sa mise en cause dans cette affaire, elle prend les devants, en usant d'une situation politique libanaise vaseuse, comme d'une carte de contre-pression, avec le concours actif de ses alliés du cru. L'Iran, quant à lui, adopte au Liban la même attitude, la même tactique, sa bête noire à lui, son problème avec les Occidentaux, étant le dossier nucléaire.
Déjà avant la présidentielle, un ministre soulignait que la Syrie ne laisserait le Liban vraiment tranquille que lorsqu'il se doterait d'un pouvoir qui lui serait de nouveau favorable. Ajoutant qu'elle était capable de tout bloquer, à travers le 8 Mars et ses acolytes. Ce qui s'était vérifié, à cette époque, quand les opposants étaient parvenus à empêcher, sous prétexte de quorum des deux tiers, la majorité d'élire l'un de ses membres à la présidence de la République. La crise a duré six mois et n'a pris fin que lors de la conférence de Doha, principalement orientée par la Syrie. S'il est vrai, en effet, que la majorité a pu applaudir à l'élection du général Michel Sleiman, président de consensus, le 8 Mars par contre a pu décrocher le tiers de blocage, sous l'effet encore sensible et menaçant du 7 mai. De son côté, le nouveau chef de l'État a beaucoup fait pour le Liban, par ses voyages à l'étranger. Sur le plan interne, il a pu encourager des réconciliations, restées incomplètes, mais s'est trouvé souvent contré, avec le gouvernement, dans son approche de rendement positif. Et ses admonestations n'ont pas réussi à relever le débat politique, ou à promouvoir l'entente. Cela, toujours du fait de l'obstructionnisme prosyrien. On peut donc observer que depuis Doha, c'est surtout le 8 Mars qui marque des points. Comme on l'a vu avec l'adoption de la loi électorale de 1960, qui a favorisé le CPL, en le faisant bénéficier des voix chiites sous contrôle du Hezb ou d'Amal, à Jbeil, au Metn, à Baabda, au Kesrouan et à Jezzine. Ou encore, dans une moindre mesure, avec le repositionnement d'un leader loyaliste que le 7 mai effraye toujours.
Tel est pris qui croyait prendre. La Syrie, faisant confiance aux pronostics optimistes du 8 Mars, s'est payé le luxe de montrer patte blanche à l'Occident en s'interdisant d'intervenir dans les législatives libanaises. Elle espérait qu'une fois ses bons amis au pouvoir, elle remettrait la main sur ce pays, cette fois par procuration, et non plus directement comme pendant les trente ans de sa tutelle. Et son ambassadeur à Beyrouth jouerait le rôle de gauleiter déguisé, comme Ghaleb l'Égyptien, jadis. Elle a dû déchanter. Mais elle a aussitôt sorti son plan B : un gouvernement libanais dit d'union où l'opposition aurait derechef le tiers de blocage pour exercer le pouvoir par défaut, contrer toutes les décisions ne lui convenant pas, et imposer ses propres projets, sous menace de claquer la porte.
Pour ne pas fâcher les Saoudiens, dont elle s'était rapprochée un moment, la Syrie a conseillé au Hezbollah de lâcher du lest. L'exigence du tiers de blocage a été abandonnée, moyennant la suppression parallèle de la moitié plus un à la majorité. L'on a donc établi la formule dite 15-10-5. Mais, toujours sur pressante recommandation syrienne, l'opposition a exigé des portefeuilles de services en abondance, ainsi que des portefeuilles souverainistes. Ministères que le Hezbollah et Amal, pour ne pas se disputer, sont convenus de confier au CPL du général Michel Aoun, qui en rajouté au point de tout bloquer, en exigeant la reconduction de son gendre Gebran Bassil, pourtant battu aux élections, au département des Télécoms. Pour être encore plus sûr qu'on lui dirait non, le général Aoun revendique, de plus, l'Intérieur, poste-clé numéro un qui revient, avec la Défense, au président Michel Sleiman.
On fait donc du surplace depuis deux mois. Et il y a tout lieu de croire que la crise ne se débloquera que lorsque la Syrie et l'Iran seront rassurés, s'ils le sont jamais, l'une sur l'acte d'accusation et l'autre sur le nucléaire.

Il se répète que la Syrie n'aidera pas tant qu'elle ne sera pas rassurée sur la teneur de l'acte d'accusation dans l'assassinat de Rafic Hariri. Pour prévenir sa mise en cause dans cette affaire, elle prend les devants, en usant d'une situation politique libanaise vaseuse, comme d'une carte de contre-pression, avec le concours actif de ses alliés du cru. L'Iran, quant à lui, adopte au Liban la même attitude, la même tactique, sa bête noire à lui, son problème avec les Occidentaux, étant le dossier nucléaire.Déjà avant la présidentielle, un ministre soulignait que la Syrie ne laisserait le Liban vraiment tranquille que lorsqu'il se doterait d'un pouvoir qui lui serait de nouveau favorable. Ajoutant qu'elle était capable de...
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