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Liban

Chamseddine juge « déplacés » les derniers propos de Fadlallah

M. Ibrahim Chamseddine, ministre d'État pour le Développement administratif, s'est montré critique à l'égard des derniers propos tenus par sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, tant en ce qui concerne la « majorité populaire » que l'allusion désobligeante à la devise historique du patriarcat  maronite « la gloire du Liban lui a été donnée ». Sayyed Fadlallah a dénoncé cette devise, soulignant que la gloire du Liban a été donnée « au peuple libanais résistant ». Il a également condamné la position de Mgr Sfeir portant sur la nécessité de former un gouvernement issu de la majorité. Le dignitaire chiite a réclamé à ce propos l'adoption du principe de la démocratie du nombre et de la majorité populaire.
Commentant la déclaration de sayyed Fadlallah, le ministre Chamseddine a notamment déclaré, dans une interview accordée hier à l'agence locale d'information al-Markaziya : « La participation des dignitaires religieux à la vie publique est un principe juste, mais ce principe a besoin d'être réglementé. L'homme de religion doit en effet servir un seul Dieu, et non pas Dieu et son parti (allusion au Hezbollah). À mon sens, les chrétiens et le patriarche Sfeir ne menacent nullement mon arabité, mon libanisme, mon appartenance à l'islam ou au chiisme. Je suis totalement rassuré sur ce plan (concernant les chrétiens et le patriarche Sfeir). Ce que nous avons entendu au cours des derniers jours (allusion aux propos de Fadlallah) est totalement déplacé. » Et d'ajouter, au sujet de la critique de Fadlallah portant sur la devise « la gloire du Liban lui a été donnée » : « Reste-t-il quelque chose de la gloire du Liban pour qu'on se la dispute ? La gloire du Liban a été bafouée et traînée dans la boue du fait du comportement de leaders libanais, sans aucune considération d'ordre national et sans aucune considération pour l'État. Il ne reste plus rien de la gloire (du Liban) pour qu'on se la partage. Les institutions de l'État sont devenues des propriétés sectaires. »
Interrogé sur l'allusion de Fadlallah à la majorité populaire, Ibrahim Chamseddine a déclaré : « La référence à la majorité populaire abolit les élections et leurs résultats. De tels propos sont contraires à l'esprit des institutions. Les élections sont un moyen juridique d'assurer l'alternance du pouvoir et elles reflètent l'opinion publique à travers les institutions. Le peuple est la source de tous les pouvoirs qu'il exerce à travers les institutions constitutionnelles et non pas dans la rue. Les propos sur la majorité populaire sont erronés car la majorité populaire se traduit par un mécanisme institutionnel aboutissant à la formation du Parlement. »

L'approche fédérale de certaines factions chiites
 « La formule du Liban est fondée sur la participation égalitaire des chrétiens et des musulmans, visant à développer le pays et non pas à se le partager, a poursuivi Ibrahim Chamseddine. De nombreuses formules suggérées aboutissent, de manière directe ou indirecte, à une pensée de type fédéral. Certaines factions politiques chiites ont un comportement politique qui sous-tend une approche fédérale du fait du repli sectaire, du contrôle de certaines zones géographiques et des slogans à caractère confessionnel et sectaire. »
Interrogé par al-Markaziya sur le récent repositionnement de Walid Joumblatt, le ministre Chamseddine a rejeté la logique de la spécificité druze pour justifier l'attitude de Joumblatt. « La spécificité des druzes est qu'ils sont libanais, à l'instar des spécificités chiite, sunnite et chrétienne, a-t-il déclaré. Les druzes ne sont pas faibles et c'est leur appartenance libanaise qui les protège. Ils ne sont pas une minorité. Dans ce pays, il existe une majorité arabe et une majorité musulmane. Les druzes et les chiites font partie de la majorité musulmane, tandis que les chrétiens font partie de la majorité arabe. »

La crise ministérielle
M. Chamseddine a, d'autre part, affirmé qu'un nombre très restreint de responsables politiques, « qui ne dépasse pas le nombre de doigts d'une seule main », est au courant des « véritables causes du retard dans la formation du gouvernement ». Soulignant qu'il revient au Premier ministre désigné de nommer les ministres et de répartir les portefeuilles, M. Chamseddine a déclaré qu'il n'est pas concevable que chaque faction entreprenne de désigner ses ministres « car le gouvernement se transformerait alors en une commission de délégués représentant les partis ».
Et le ministre Chamseddine de conclure : « D'aucuns réclament que chaque faction nomme ses ministres, que les grands dossiers ne soient pas discutés en Conseil des ministres et qu'il y ait un consensus préalable pour les problèmes qui nécessitent un vote. Que resterait-il alors de l'État et du respect que l'on doit aux gens ? »  
M. Ibrahim Chamseddine, ministre d'État pour le Développement administratif, s'est montré critique à l'égard des derniers propos tenus par sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, tant en ce qui concerne la « majorité populaire » que l'allusion désobligeante à la devise historique du patriarcat  maronite « la gloire du Liban lui a été donnée ». Sayyed Fadlallah a dénoncé cette devise, soulignant que la gloire du Liban a été donnée « au peuple libanais résistant ». Il a également condamné la position de Mgr Sfeir portant sur la nécessité de former un gouvernement issu de la majorité. Le dignitaire chiite a...
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