Rechercher
Rechercher

Liban - Gouvernement

Hariri se mure dans son silence, Murr qualifie la situation de « jamais-vu »

Le processus de formation du cabinet n'a fait aucune progression
notable hier, malgré l'entretien à Baabda entre Saad Hariri et Michel Sleiman. 
Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a été reçu hier au palais de Baabda par le chef de l'État, le général Michel Sleiman, avec qui il a évoqué le processus de formation du cabinet. M. Hariri s'est contenté d'un commentaire laconique à l'issue de la rencontre, évoquant un « jeûne verbal » de circonstance. Mais des sources bien informées ont fait état d'une stagnation parfaite au niveau de la dynamique menée par M. Hariri, qui serait due au fait que ce dernier, d'une part, n'a pour l'instant pas reçu « les noms des ministrables de l'opposition et les portefeuilles qu'ils souhaiteraient obtenir », et que, d'autre part, « il y aurait encore certaines divergences entre les parties chrétiennes du 14 Mars concernant la répartition des portefeuilles ». Auparavant, le président de la République avait évoqué le nœud gouvernemental avec le vice-président sortant du Conseil, Issam Abou Jamra, et les députés Henri Hélou et Nabil de Freige.
De son côté, Saad Hariri a reçu hier le député Michel Murr, qui a affirmé que « le peuple libanais ne peut plus attendre indéfiniment » et que « trois mois se sont déjà écoulés » depuis les élections. « Dans l'histoire des gouvernements au Liban - et j'ai moi-même participé à dix d'entre eux depuis 1969 -, c'est-à-dire durant les quarante dernières années, il n'y a jamais eu de telles positions négatives entravant la tâche du Premier ministre désigné », a affirmé M. Murr. « Nous félicitons ce dernier pour ses positions, surtout celles qu'il a exprimées au cours des iftars des deux derniers jours, lorsqu'il a affirmé que le Hezbollah fera partie du prochain cabinet. Il s'agissait là d'une nécessité, et il fallait que le Premier ministre Hariri le dise pour que ce soit net et sans équivoque. Surtout après qu'Israël nous ait menacés pour nous dissuader de faire participer le Hezbollah au gouvernement. Le Premier ministre a clairement répondu, et il s'agit là d'une position nationale importante », a souligné Michel Murr.
« Les revendications ministérielles ont été faites et des contacts ont été effectués avec M. Hariri après qu'il eut été chargé de former le cabinet. Le Premier ministre désigné a ensuite visité les anciens chefs de gouvernement, notamment le chef du Bloc parlementaire du changement et de la réforme. En principe, a poursuivi M. Murr, ce dernier doit lui avoir fait part, à ce moment-là, de ses demandes. Il y a eu ensuite un autre contact, et un émissaire de sa part (le général Aoun) a rencontré le Premier ministre désigné et lui a transmis ses revendications qui sont désormais bien connues. Cependant, au Liban, deux personnes mettent en place le gouvernement avec les noms et les portefeuilles. Il s'agit du président de la République et du Premier ministre désigné, et non pas des blocs parlementaires. Jamais dans l'histoire du Liban chaque bloc ne s'est réuni pour réclamer tel nom ou tel portefeuille. Cela se déroule durant les consultations. Ensuite, les deux présidents s'assoient ensemble, font le tour des noms et des portefeuilles, et prennent ensemble les décisions avant de faire paraître les décrets. Cependant, ils ont actuellement pris un certain temps pour qu'on n'ait pas l'impression qu'ils vont trop vite. Le peuple libanais ne peut plus supporter les atermoiements dans la formation du cabinet. Il y a une crise dans le pays et nous sommes aux portes de l'année scolaire, il y a de grandes échéances qui approchent et tout ne doit pas s'arrêter parce que tel ou tel bloc a certaines demandes précises. Ce sont les deux présidents qui décident de ce qui est opportun pour le Liban, et chacun des deux est attaché aux intérêts des Libanais et de la nation », a ajouté M. Murr. Et de noter : « D'après ce que je sais, les deux présidents ne veulent pas priver ce bloc chrétien d'être représenté selon son envergure. Le problème réside au niveau des noms et des portefeuilles. Si chacun des blocs réclame des noms et des portefeuilles précis, il n'est plus possible de former un gouvernement. Par ailleurs, la Constitution stipule que le président de la République, en accord avec le Premier ministre désigné, met en place la formule ministérielle et l'annonce, après avoir écouté les doléances de tous. »
M. Murr a enfin affirmé qu'il fallait que quelque chose se passe avant le départ du chef de l'État à la séance de l'Assemblée générale de l'ONU, le 21 septembre prochain.
En soirée, Saad Hariri, qui s'est également entretenu avec le député Boutros Harb, a pris la parole au cours d'un iftar en l'honneur des instances économiques et médiatiques. Dans son allocution, il a estimé que le pays ne pouvait pas fonctionner sans gouvernement, mettant en exergue sa volonté de former un cabinet de coalition nationale. Il a également rappelé qu'il s'était engagé à « (se) taire face aux campagnes et aux atteintes dont il fait l'objet pour empêcher les conflits politiques qui accompagnent la formation du cabinet, qui sont tout à fait naturels dans le cadre d'un régime démocratique, de se répercuter sur la situation économique, financière, sociale et touristique ». Mettant en évidence son souci de préserver l'économie de la crise politique, Saad Hariri a plaidé en faveur d'un cabinet harmonieux et en accord sur un programme d'action pour aboutir à un État capable, et au renforcement de l'armée et des forces de l'ordre pour consolider la stabilité et la capacité du Liban à défendre son territoire face à Israël.
« Nous allons poursuivre nos efforts pour former un cabinet de coalition nationale sans porter atteinte ni à la confiance claire et tout à fait perceptible que les élections nous ont donnée le 7 juin dernier, ni à la stabilité dont nous avons fait une ligne rouge, ni aux grandes ambitions du Liban », a conclu M. Hariri.

Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a été reçu hier au palais de Baabda par le chef de l'État, le général Michel Sleiman, avec qui il a évoqué le processus de formation du cabinet. M. Hariri s'est contenté d'un commentaire laconique à l'issue de la rencontre, évoquant un « jeûne verbal » de circonstance. Mais des sources bien informées ont fait état d'une stagnation parfaite au niveau de la dynamique menée par M. Hariri, qui serait due au fait que ce dernier, d'une part, n'a pour l'instant pas reçu « les noms des ministrables de l'opposition et les portefeuilles qu'ils souhaiteraient obtenir », et que, d'autre part, « il y aurait encore certaines...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut