Répondant aux questions de la presse à sa sortie du siège patriarcal d'été, M. Ghanem a indiqué que Mgr Sfeir souhaite « une conjugaison des efforts pour que la tragédie vécue par les Libanais prenne fin ». « Il existe un problème organique intérieur et d'autres liés à l'étranger, mais ce n'est pas un secret. Le problème organique réside dans le fait que nous n'avons toujours pas réussi à trouver une compatibilité entre la démocratie, la légalité et la logique de l'État, d'une part, et celle de la résistance et de la force des armes, d'autre part », a-t-il dit, avant d'exprimer le souhait que « toutes les parties s'élèvent au-dessus des susceptibilités et des calculs étriqués et évitent de mélanger les intérêts publics et les intérêts privés ». « Lorsqu'un dirigeant fait des concessions dans l'intérêt du pays, son acte n'est pas considéré comme une concession, mais comme un don. Il s'agit même d'un devoir en faveur du pays lorsque des défis internes et externes menacent le sort et le quotidien des Libanais », a souligné M. Ghanem.
Quant au chef de l'Option libanaise, Ahmad el-Assaad, il a mis l'accent sur le fait que « dans tous les pays civilisés, la majorité gouverne et la minorité pratique l'opposition, jusqu'à ce que l'opinion publique demande des comptes à la majorité, quatre ans plus tard », lors des législatives. « Soit elle la maintient en place, soit la majorité devient une minorité. C'est ce principe qui doit être appliqué au Liban. La majorité doit pouvoir gouverner à travers un programme qu'elle propose pour régler les problèmes auxquels la société est confrontée », a-t-il estimé, en s'interrogeant sur l'opportunité d'organiser des élections parlementaires s'il faut former aujourd'hui un gouvernement identique au précédent, dans sa configuration.
M. Assaad a rendu hommage aux positions du patriarche concernant la formation du cabinet. « Ses positions sont tout à fait normales et devraient refléter celles de toutes les religions, dont le devoir est de soutenir le droit contre l'injustice, quels que soient les privilèges et l'influence de ceux qui sont à l'origine de cette injustice », a-t-il affirmé.
Après son entretien avec M. Assaad, le patriarche a reçu une délégation représentant le cheikh Akl et le conseil communautaire druze, conduite par cheikh Sami Abimouna, qui l'a invité à l'iftar qui sera organisé le 9 septembre à la Maison druze.
L'ancienne ministre Nayla Moawad, que le patriarche a retenue à déjeuner, a mis l'accent sur l'importance « des instructions du patriarche au moment où nous assistons à un coup d'État contre la majorité et la démocratie ». « Un coup d'État qui s'était manifesté en premier en 2005, avec le recours à de nombreux moyens (de pression) comme le retrait de ministres du gouvernement, la paralysie du Parlement et l'occupation du centre-ville, a-t-elle souligné. Aujourd'hui, a poursuivi Mme Moawad, nous assistons à un blocage par le biais de nouveaux moyens employés par des gens qui réclament que leurs proches soient nommés ministres, qui multiplient les entraves, les revendications et les pressions de nature à retarder la formation du gouvernement au moment où les menaces israéliennes contre le Liban s'accentuent et où la crise socio-économique s'exacerbe. » Pour elle, il est primordial de respecter la volonté du peuple « qui a voté pour les valeurs et les principes de la révolution du Cèdre, notamment la liberté et la souveraineté, et non pas pour les dirigeants du 14 Mars ».

