Dans la partie consacrée à l'Asie, Roger Assaf propose un voyage initiatique à travers ce continent et c'est avec le théâtre indien qu'il entame cette épopée médiévale. L'Inde peut en effet s'enorgueillir d'une tradition théâtrale importante et ancienne, qui trouve sa source dans le prestige accordé à la poésie, mais aussi dans une inspiration divine puisque la légende raconte que Brahma aurait soufflé à Bharta le Nâtya-shâstra ce fameux traité encyclopédique de base de la danse et du théâtre indien, considéré également comme le cinquième Veda.
Escale en Chine, ensuite, où on retrouve trace du théâtre plus de deux mille ans avant notre ère, sous la forme de la danse sacrée et du ballet de cour. Il en était encore à ce stade au temps d'Huan.Tsjn (713-755). Cet empereur, bon musicien, avait installé sa troupe de trois cents comédiens, qu'il dirigeait lui-même, en un lieu dit le « Jardin des Poiriers ».
Assaf effectue ensuite une longue pause au pays du Soleil-Levant. Et nous raconte l'histoire du théâtre au Japon qui est, en fait, celle de deux grandes écoles : le nô et le kabuki. « Dans le nô, se traduit une conception à la fois religieuse et aristocratique de la vie ; le tragique s'y épure en un stoïcisme adouci par le sentiment bouddhiste de l'universelle solidarité», précise l'homme de théâtre. Le nô, qui s'est constitué vers la fin du XIIIe siècle, unissait deux traditions: celle de la kagura, ou pantomime dansée, et celle des chroniques en vers récitées par les bonzes errants. Le kabuki, quant à lui, est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. Et il est centré sur un jeu d'acteur à la fois spectaculaire et codifié.
L'art du conte
La section consacrée au théâtre dans le monde islamique est divisée, quant à elle, en deux grandes parties. La première traite du théâtre d'ombres, de l'Indonésie à la Turquie. La seconde se rapporte à l'art du conte, aux formes de récits héroïques ou épiques, ou encore ceux représentant le drame de Karbala, ou le majlis de Achoura.
Assaf conclut son deuxième opus avec une section consacrée au théâtre médiéval en Europe. Dans cette sorte d'introduction généralisée aux divers genres apparus à cette époque et en ces lieux, il parle de théâtre et de religion, des jeux liturgiques et de la sapience, de farce et du théâtre des mystères, des moralités...
Dans son Histoire du théâtre, Roger Assaf effectue ainsi une promenade dans l'histoire. Ce qui devait être, au début, un simple répertoire du théâtre à l'intention de ses étudiants est devenu, au fil des recherches et des écritures, « une encyclopédie synthétique, globale, qui accorde la première importance aux hommes et aux œuvres. » À chaque étape, une entrée en matière historique explique le cadre politique, social et culturel dans lequel cette œuvre se situe. Assaf analyse ensuite quelques œuvres majeures de chaque chapitre et en présente les auteurs les plus connus.
Prochaine étape dans cette entreprise encyclopédique: mars 2010, date à laquelle doit paraître le troisième opus consacré à la Renaissance.


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