À peine avait-on eu le plaisir de voir il y a seulement deux mois des feux aux diverses intersections de la capitale, et croyant pour une fois que le système allait permettre d'assurer la sécurité des automobilistes et des piétons, que les Beyrouthins ont été vraiment déçus, comme d'habitude, par le manque de synchronisation, surtout avec les coupures régulières d'électricité. Résultat : pour traverser une artère de la capitale ne dépassant pas un kilomètre, vous croisez trois ou quatre feux de signalisation dont l'un est toujours à l'orange, l'autre est complètement éteint et un autre qui fonctionne bien mais aux heures de pointe.
Avec les embouteillages, on se retrouve pratiquement bloqué. En outre, aux intersections, chanceux vous serez, si après deux feux verts vous pouvez passer.
À l'est de la capitale, le péage est obligatoire de 8h à 17h, au centre-ville de 9h à 23h et à l'ouest de 9h à 18h Pays vraiment unique.
Antoine SABBAGHA
Nés pour vivre expatriés
Cette lettre est un cri de douleur et de révolte. Un cri de parents qui se voient contraints de se séparer de leurs enfants à 18 ans, à l'âge où ils respirent la vie, à l'âge où ils commencent à peine à profiter d'eux. De plus en plus de familles sont éclatées, des frères sont séparés, des jeunes se détournent de leurs pays, souvent la mort dans l'âme, obligés de connaître la solitude et le dépaysement, pour assurer un avenir que leur pays ne peut leur offrir. Pourquoi ?
Parce que ceux qui dirigent ce pays se moquent éperdument de l'avenir de cette jeunesse. Parce qu'ils ne se soucient pas de leur offrir paix, calme et stabilité. Parce qu'ils les font vivre dans un monde d'incertitude et de peur. Parce que leurs disputes et la bassesse de leur discours font fuir ces jeunes. Parce que l'économie du pays ne les concerne pas, et que l'exode des cerveaux ne les touche pas. Parce qu'au lieu de saisir cette lueur de paix qui s'offre au pays, ils s'acharnent à la détruire au nom de leurs intérêts et de leurs propres profits. Parce qu'à cause d'eux, nos enfants entament leur vie d'adulte, la peur au ventre, et l'angoisse de ne pas pouvoir assurer leur avenir comme tous les autres jeunes de leur âge, et qu'à cause d'eux, des milliers de parents sont privés de leurs enfants, trop tôt, trop vite, trop brutalement. Malheureusement nous sommes libanais, nous sommes nés pour être expatriés. Nous sommes appelés à vivre au rythme de séparations et de déchirements.
Alors que nous pleurons nos enfants partis au loin, eux continuent à se disputer ce bout de terre, indifférents à ces jeunes qui s'en vont, laissant derrière eux ce qu'ils ont de plus précieux, leur racine, leur terre et leur famille.
Lamia SFEIR DAROUNI
Le code de la route, de grâce !
Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
Combien grande fut la joie de la majorité des Libanais de vous voir titulaire du ministère de l'Intérieur. Aujourd'hui, ils ont peur de ne pas vous revoir à ce même poste. Vous aviez très bien commencé, montrant une main de fer dans un gant de velours et réalisé, dans la mesure du possible, des exploits dignes d'Hercule, dans un pays où même la loi de la jungle ne peut s'appliquer.
Mais, Monsieur le Ministre, ce n'est pas maintenant à l'approche de la formation du nouveau gouvernement que vous allez baisser les bras, même si vous ne figurez pas parmi les ministrables. Je fais allusion au code de la route, dont vous avez essayé d'inculquer aux Libanais quelques-unes des règles les plus élémentaires : port obligatoire de la ceinture, respect des feux de signalisation, respect du piéton, sens interdits, stationnements prohibés, motards, chauffards, etc. De grâce, faites à nouveau respecter cette loi : sanctionnez les motards et chauffards, pénalisez les camionneurs qui se croient sur un circuit de formule 1, surtout en plein jour, laissez le Libanais et le touriste apprécier la circulation au Liban et ne le faites pas détester et haïr tout ce qui l'entoure.
Fouad A. SALHA


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