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Liban

L’un des assassins présumés des quatre juges de Saïda enfin arrêté

Pour les familles des quatre juges assassinés de sang-froid, en pleine audience au Palais de justice de Saïda, le 8 juin 1999, la nouvelle est grandiose : l'un des assassins présumés des magistrats - Hassan Osman, Assem Bou Daher, Walid Harmouch et Imad Chéhab - a enfin été arrêté, soit 10 ans après ce meurtre odieux qui avait endeuillé la capitale du Sud, mais aussi l'ensemble du pays.
Wissam T'haybich a été arrêté mercredi dans la soirée par les services de renseignements de l'armée, dans les environs de Aïn el-Héloué, alors qu'il tentait d'accéder au camp. Surveillé depuis plusieurs années, cet ancien membre de Isbet el-Ansar avait quitté le groupuscule salafiste après l'horrible assassinat ainsi que d'autres avec lui qui auraient également participé au crime. Il se cachait depuis dans le labyrinthe du camp de Aïn el-Héloué, connu pour être un abri pour de nombreux criminels et hors-la-loi. D'ailleurs, l'assassin présumé a un casier judiciaire très fourni : outre l'assassinat des magistrats, il était recherché par la justice avec quarante autres Palestiniens pour crimes divers, vols à main armée, subversion, possession et utilisation d'armes, et actes de terrorisme multiples, notamment une attaque contre le barrage de l'armée à Aïn el-Héloué à coups de grenades. Plusieurs mandats de recherche et d'arrêt avaient été émis contre lui au cours des dernières années.
Mercredi dernier déjà, le tribunal militaire avait émis un jugement par contumace contre lui, requérant l'emprisonnement à vie. Dans les détails, une source militaire autorisée précise que « c'est en revenant de Turquie qu'il a pu être localisé, notamment après avoir traversé la frontière avec la Syrie - passage obligé -, muni de faux papiers palestiniens. Il était sous stricte surveillance depuis près de deux mois », indique la source. « Nous attendons la fin de l'enquête pour savoir qui l'a aidé à traverser, dans un sens comme dans un autre, la frontière », ajoute la source qui refuse cependant de donner plus de détails sur l'identité ou le nombre de « complices » qui ont participé à l'assassinat des quatre juges et qui feraient également l'objet d'une surveillance assidue.
Une seule information a toutefois été vérifiée, celle de leur appartenance idéologique, « la même chez l'ensemble de ce groupe, à savoir des salafistes jihadistes », souligne une source proche du dossier. Certaines informations ont fait état de l'appartenance récente de Wissam T'haybich au groupuscule de Isbet el-Nour, une autre formation de type fondamentaliste, et d'autres à celui de Jund ech-Cham. « La réalité est tout autre, l'appellation de Jund ech-Cham étant superficielle et erronée. Elle recouvre tout et rien », indique un expert qui refuse de croire que Jund ech-Cham existe toujours en tant que tel, ses membres ayant été dispersés et ayant rejoint d'autres formations après le démantèlement de ce groupuscule, qui comptait au total une trentaine de membres.
Dans un communiqué, la direction de l'orientation au sein de l'armée libanaise a indiqué qu'« à la suite d'opérations intensifiées de surveillance effectuées par la direction des services de renseignements de l'armée dans l'affaire des personnes recherchées pour crimes terroristes, le dénommé Wissam T'haybich a été arrêté hier (mercredi) alors qu'il tentait d'accéder au camp de Aïn el-Héloué. Il était recherché par la justice depuis un certain temps. Plusieurs avis de recherche ont été émis à son encontre pour meurtres, vols à main armée et explosions. Un jugement par contumace a été émis contre lui. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il avait auparavant quitté le sol libanais en direction d'un pays moyen-oriental pour y revenir de manière illégale, usant d'une pièce d'identité palestinienne falsifiée. Il a été suivi et arrêté. Il fait actuellement l'objet d'une enquête ».
Selon notre chroniqueuse judiciaire Claudette Sarkis, l'enquête a été entamée par les services de renseignements de l'armée sous la supervision du juge d'instruction militaire, Rachid Mezher, Wissam T'haybich étant l'un des suspects accusés d'avoir participé, avec d'autres, à l'assassinat des juges.
Le grand coup réalisé hier par la troupe constitue un pas immense en direction de l'élucidation du dossier du meurtre des quatre magistrats qui traîne dans les tiroirs de la justice depuis une décennie. Il s'agit également d'une opération sécuritaire de grande envergure, le prévenu étant déjà condamné pour multiples crimes terroristes. L'enquête dans l'affaire des quatre juges pourrait toutefois prendre un certain temps, « les aveux étant très difficiles à extirper d'un membre jihadiste tel que T'haybich, qui est hautement entraîné à ce type de situation », conclut une source informée.

Pour les familles des quatre juges assassinés de sang-froid, en pleine audience au Palais de justice de Saïda, le 8 juin 1999, la nouvelle est grandiose : l'un des assassins présumés des magistrats - Hassan Osman, Assem Bou Daher, Walid Harmouch et Imad Chéhab - a enfin été arrêté, soit 10 ans après ce meurtre odieux qui avait endeuillé la capitale du Sud, mais aussi l'ensemble du pays. Wissam T'haybich a été arrêté mercredi dans la soirée par les services de renseignements de l'armée, dans les environs de Aïn el-Héloué, alors qu'il tentait d'accéder au camp. Surveillé depuis plusieurs années, cet ancien membre de Isbet el-Ansar avait quitté le groupuscule salafiste...
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