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Liban - Commentaire

En filigrane, les préparatifs pour les municipales de l’an prochain

Le tableau des rapports de force, sur la scène politique locale, ne sera complet qu'après les municipales de l'an prochain. Ce genre de consultation populaire est, certes, fondamentalement différent des législatives. Infiniment moins idéologique ou même politique, au sens premier du terme, mais beaucoup plus terre à terre, collant au plus près au vécu quotidien des gens, à leurs soucis comme à leurs espérances. D'autant que ce processus particulier inclut l'élection des moukhtars, commis publics indispensables à la marche des formalités. Il est donc évident, chez nous comme ailleurs dans le monde, qu'un large contrôle des communes soit une source certaine de pouvoir, ou de contre-pouvoir, au plan national, sinon institutionnel.
Mais les partis, les camps et les groupements communautaires sont mal outillés pour une compétition aussi localisée. Ce sont surtout les familles qui entrent en ligne et en jeu. Et leurs luttes sont même souvent intestines, ou de parentèle. Car dans nombre de localités, ce sont une, deux ou trois familles, liées par le sang, qui forment la majorité de la population électrice et se disputent les sièges du conseil municipal. L'alignement ne s'y fait pas, ou peu, en fonction du 14 et du 8 Mars. Ainsi, lors de la dernière épreuve, les notables relevant de l'un ou l'autre de ces deux camps ont gagné quand, d'aventure, ils étaient unis dans leurs murs, et perdu quand ils étaient divisés. C'est surtout vrai, il convient de le souligner, pour les loyalistes. Dans les législatives, ils ont pu mobiliser l'électorat sur base des devises d'indépendance, de souveraineté et de liberté. Mais dans les municipales, de tels thèmes ne sont pas porteurs, c'est le moins que l'on puisse dire. Car l'objectif de l'opération n'est pas de savoir quel Liban nous voulons, mais comment allons-nous vivre. La municipalité, c'est en effet l'eau, l'école, le dispensaire, les routes, les rues, l'éclairage et les jardins publics, les vigiles, le développement rural, le logement...
Cependant, par un faux paradoxe, si les forces politiques ont peu de marge de manœuvre durant les municipales, elles peuvent ensuite en tirer profit, ou y trouver désavantage, selon le nombre d'édiles qui se réclament d'elles dans le domaine politique. C'est du reste normal : tout ce qui est public est finalement politique. À partir de là, les municipalités, par une sorte d'écho naturel, influent sur les législatives, notamment au plan des alliances régionales. On sait, en effet, que les notables qui tiennent les municipalités, ou même les moukhtars, jouent durant les législatives un rôle actif de clés électorales.
C'est bien pourquoi les partis entament dès à présent des contacts en vue de promouvoir sinon des listes toutes faites, du moins une kyrielle de candidats censés leur apporter le contrôle ultérieur du plus grand nombre possible de conseils municipaux. Ces tractations, rendues pointues par le caractère condensé et localisé de l'échéance, sont entreprises essentiellement avec les familles. Elles visent du reste principalement à gommer les rivalités intestines évoquées plus haut, quand les membres d'un même patronyme sont d'accord sur le discours politique, mais pas sur le contrôle de leur cité. Ce qui les intéresse parfois plus que tout, et on les comprend, même le grand Jules César s'exclamait : Je préfère être le premier dans mon village que le second à Rome ! Citation du reste bizarre, car le César, il était de Rome et y était le premier.
Cependant, tout paraît relatif en regard de l'intérêt communal. C'est pourquoi l'on constate, en amont, qu'il va être aussi difficile que durant la précédente édition d'empêcher de fréquentes alliances entre militants du 14 et du 8 Mars aux municipales, quand le bien de l'agglomération le commande. C'est encore plus vrai pour ce qui est des partis séparés. Aucun d'entre eux ne devrait pouvoir, en pratique, crier victoire après les municipales ou affirmer qu'elles lui auraient fait gagner des points politiques importants. Cela étant, le total des sièges acquis va quand même peser, indirectement mais sûrement, sur le plateau de la balance politique locale.

Le tableau des rapports de force, sur la scène politique locale, ne sera complet qu'après les municipales de l'an prochain. Ce genre de consultation populaire est, certes, fondamentalement différent des législatives. Infiniment moins idéologique ou même politique, au sens premier du terme, mais beaucoup plus terre à terre, collant au plus près au vécu quotidien des gens, à leurs soucis comme à leurs espérances. D'autant que ce processus particulier inclut l'élection des moukhtars, commis publics indispensables à la marche des formalités. Il est donc évident, chez nous comme ailleurs dans le monde, qu'un large contrôle des communes soit une source certaine de pouvoir, ou de contre-pouvoir, au plan national, sinon...
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