Après l'office religieux, le patriarche Sfeir a reçu de nombreux visiteurs, notamment des délégations d'émigrés libanais en Australie, originaires de Bécharré.
Samedi, le patriarche maronite avait reçu le député Boutros Harb qui a estimé que les conditions rédhibitoires entravent la formation du gouvernement. Selon Boutros Harb, la volonté d'ouverture de la majorité et la main tendue à l'opposition n'ont pas suscité une réaction similaire de la part de l'opposition et ont poussé cette dernière à multiplier les conditions, comme si la majorité n'avait pas remporté les élections législatives. Harb a réitéré son appel à toutes les parties pour coopérer avec le Premier ministre désigné et « pour accélérer le processus de formation du gouvernement qui s'occuperait enfin des problèmes des citoyens qui commencent à désespérer de tout et de tous ». Harb a rappelé que plus de 45 jours se sont écoulés depuis la désignation du Premier ministre désigné et il n'est pas normal, selon lui, que la formation du gouvernement devienne une opération aussi difficile. Le député a précisé que le patriarche maronite est assez inquiet, tout comme le sont de nombreux politiciens, qui considèrent que le retard dans la formation du gouvernement ne sert pas les intérêts des Libanais, ajoutant que laisser le Liban sans gouvernement équivaut à laisser un navire dans une mer démontée. « Certes, a-t-il ajouté, le président de la République constitue une garantie, mais il ne peut pas agir seul, sans l'aide d'un gouvernement ayant obtenu la confiance des citoyens. Tout le monde doit donc coopérer avec le président et le Premier ministre pour retirer les conditions rédhibitoires. » Au sujet de la réconciliation interchrétienne, Harb a estimé que le patriarcat maronite est favorable à toute réconciliation, à plus forte raison si elle concerne les parties maronites. Selon lui, le patriarche déploie de nombreux efforts dans ce sens et il attend beaucoup du processus en cours.
Au sujet de la formule 15-10-5, Harb a affirmé qu'il était favorable à sa révision, mais le problème c'est que si elle est modifiée, il y a aura de nouvelles conditions et des contre-conditions. Il a ajouté : « Personnellement, je suis contre ce qui s'est passé et je considère que la majorité doit former le gouvernement et l'opposition demander des comptes. Mais le président et le Premier ministre ont préféré briser le clivage entre 8 et 14 Mars pour créer de nouvelles alliances. Toutefois, il est impossible d'intégrer toutes les parties au sein du gouvernement. De toute façon, je croyais que l'adoption de la formule de 15-10-5 pousserait l'opposition à renoncer à ses conditions inacceptables, comme si les droits des citoyens n'étaient qu'un produit faisant l'objet d'un marchandage... »


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