« Il existe un déterminisme historique dans chaque nation qui fait qu'elle ne peut s'édifier qu'à force de sacrifices », a affirmé M. Aoun qui a ajouté : « On a beau chercher à s'éloigner des chocs, il y aura toujours quelqu'un qui nous voudra du mal, d'où la nécessité de rester aux aguets, et de se préparer en vue des jours sombres », a-t-il dit, avant de rappeler que la Résistance n'a pas dormi sur ses lauriers depuis la guerre de 2006.
« Nous sommes tous conscients que l'État hébreu est de nature vindicative et cherche toujours à prendre sa revanche, car il ne tolère pas la défaite. Il commence généralement par une guerre médiatique en accusant une tierce partie pour mieux justifier ses agressions. Quant à savoir s'il va entamer une seconde guerre, c'est une autre question. Ce qui m'inquiète toutefois face aux (récentes) accusations israéliennes contre le Liban, c'est le mutisme de la communauté internationale. Cela peut être soit un désistement face à ses responsabilités et une tentative de couvrir une action qui peut se transformer en fait accompli, soit tout simplement un acquiescement implicite sans aucune condamnation. Je favoriserais plutôt la seconde alternative car les menaces proférées par l'État hébreu sont surprenantes, illogiques et inadmissibles, même en cas d'adversité. »
Selon lui, et « malgré l'accord prévoyant la cessation des hostilités entre le Liban et l'État hébreu, la présence des Nations unies et une situation internationale qui prohibe les agressions, Israël poursuit quand même ses intimidations, ses incursions, ses survols aériens et ses opérations d'espionnage ».
Les liens avec l'étranger
Interrogé sur les obstacles qui font face à la formation du gouvernement et les reproches que font quelques-uns au général Aoun, accusé d'entraver le processus, il a répondu :
« Les responsables en charge sont impliqués dans des relations avec l'extérieur. Ils ne peuvent concrétiser la formation du gouvernement qu'après avoir obtenu le feu vert des autorités externes auxquelles ils sont liés. Par conséquent, ils ont besoin d'une couverture. S'ils ne parviennent pas à mettre sur pied le gouvernement et s'ils font face à des obstacles externes, ils doivent nécessairement trouver un bouc émissaire pour le présenter à l'opinion publique. Il n'y a rien de tel qu'un Michel Aoun », a-t-il ironisé.
Faisant remarquer que le retard mis dans le processus de formation du gouvernement a débuté bien avant les négociations, il a affirmé qu'il avait, depuis, déduit que le gouvernement ne verra le jour que d'ici à l'automne, avec la rentrée scolaire, soulignant que c'est sur ce point précis qu'il n'était pas d'accord avec le président du Parlement, Nabih Berry, qui avait fait preuve d'optimisme à ce propos.
Le général Aoun a ainsi assuré que l'impasse se situe au niveau de l'équipe de la majorité et exprimé ses « regrets de voir le Premier ministre désigné s'entourer d'une équipe folklorique dont l'attitude dénote avec les mesures qu'il tente de prendre et les ententes qu'ils cherchent à concocter ».


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