Liban

La plus grande synagogue du Liban sort de l’oubli

OLJ
13/08/2009
Des arcades frappées de l'étoile de David, des inscriptions en hébreu enfouies depuis 30 ans : la synagogue Magen Abraham, l'un des derniers vestiges juifs du Liban, est en pleine rénovation, tout un symbole pour une communauté tombée dans l'oubli, raconte Rana Moussaoui, dans un reportage de l'AFP.
Au cœur de Beyrouth, la porte rouillée du temple autrefois dissimulée sous une végétation abondante s'offre désormais aux yeux des curieux, et le toit qui était à moitié couvert de briques a été mis à nu. Des ouvriers ont dégagé l'entrée, ravalé les murs et s'attellent à enlever les monticules de remblai de-ci, de-là. À droite, l'ancien bureau du dernier rabbin, qui a quitté le pays en 1977, après le début de la guerre civile. Au centre, l'entrée qui mène à l'intérieur du temple, où se dressent actuellement de nombreux échafaudages adossés aux arcades.
« Nous sommes exaltés », confie Isaac Arazi, président du Conseil communal juif au Liban. « Nous espérons que cette initiative fera en sorte que la communauté grandisse de nouveau », affirme-t-il.
La communauté juive, dont la religion est reconnue comme l'une des 18 confessions au Liban et dont la présence dans le pays remonte à 2 000 ans, s'est réduite au fil des ans. Elle est passée de 22 000 âmes avant la guerre civile à quelque 300 personnes actuellement, selon des estimations non officielles. C'est après l'invasion israélienne du Liban en 1982 que sa présence a considérablement diminué, dans un pays où l'amalgame entre Juifs et Israéliens est courant.
Mais la rénovation de Magen Abraham, l'une des plus grandes synagogues du monde arabe, vient redonner espoir à ceux pour qui le Liban reste leur patrie. « Nous nous attendons à ce que les travaux soient terminés dans un an ou 15 mois », souligne M. Arazi, ajoutant : « Si tout se passe bien. » Le Conseil communal juif, qui lance un appel aux dons, se charge de la plus grande partie du financement des travaux qui « vont coûter pas moins d'un million de dollars ». Certains juifs libanais expatriés y contribuent. « Nous voulons la restaurer telle qu'elle était, avec tous les meubles, les tapis et les lustres d'antan », assure M. Arazi.
La synagogue Magen Abraham, inaugurée en 1926 dans le secteur de Wadi Abou Jmil, surnommé anciennement « Wadi al-Yahoud » (vallée des Juifs), était devenue un lieu de désolation. Tout a été pillé pendant la guerre : les bancs, les vitres, les dalles et même l'imposant autel en marbre qui trônait au centre. « Nous voudrions bien que ceux qui les ont volés les restituent, car ce sont des choses qui datent de 80 ans », plaide M. Arazi. Des slogans politiques gribouillés sur les arcades et à l'entrée par des miliciens lors de la guerre civile témoignent de l'époque où le temple a été pris sous le feu des violents combats au centre de la capitale.
Le responsable de la communauté révèle que l'autre vestige israélite de la capitale, le cimetière juif, va être également rénové. « Les travaux vont commencer en principe la semaine prochaine », dit-il. Les autres synagogues du pays, comme celles de Saïda (Sud) ou d'Aley (sud-est de Beyrouth), où existe le plus ancien temple (1870), devraient également être remises en état, mais après la fin des travaux de Magen Abraham.
Selon M. Arazi, aucune communauté religieuse et aucun parti politique, y compris le Hezbollah, n'ont exprimé de réserves concernant le projet initial. Le lieu de culte, toutefois, est sous étroite surveillance, notamment policière.

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