Commentant la dernière position rendue publique par M. Joumblatt lors du congrès de son parti il y a quelques jours, le président Gemayel a déclaré que « l'intimidation (allusion à l'impact des armes du Hezbollah) ne justifie pas toutes les positions de Walid Joumblatt ». « S'il est en possession de nouvelles données et informations, il n'est pas pour autant concevable qu'il adopte une attitude au détriment des chrétiens ou qu'il s'en prenne à eux de cette manière, a déclaré le président Gemayel (...). La réconciliation de la Montagne, qui avait été précédée de la signature d'un document par lui et moi à Moukhtara puis par la visite du patriarche maronite (au Chouf), avait ouvert de nouveaux horizons à Joumblatt. »
Et le leader des Kataëb d'ajouter : « Les propos tenus parfois par Joumblatt et qui visent les partis chrétiens ne renforcent pas ce que nous avons réalisé dans la Montagne et ne consolident pas le Liban face aux dangers qu'il craint, tant en ce qui concerne le Tribunal spécial pour le Liban qu'Israël. »
Le président Gemayel a, d'autre part, souligné que « le problème avec Joumblatt réside dans les positions extrêmes (qu'il adopte) à tous les niveaux ». « Le discours politique auquel il a eu recours par le passé n'a pas été tenu par les parents des martyrs eux-mêmes », a-t-il relevé, avant de souligner que « le chrétien ne sera pas un souffre-douleur dans ce pays ». « Bien au contraire, a-t-il ajouté, nous sommes le fondement. Si certaines parties veulent chercher des justifications ou des boucs émissaires, qu'elles cherchent autre part (qu'au niveau chrétien). Dans les moments les plus difficiles, nous avons adopté des positions connues de tous, nous avons préservé le Liban, sa souveraineté et son arabité, car certains voulaient entraîner le pays ailleurs. »
Après avoir affirmé que le salut du pays nécessite de parvenir à des « dénominateurs communs afin de faire face aux menaces », le président Gemayel a rappelé qu'il avait été « le premier à réclamer l'établissement de relations cordiales avec la Syrie » et à ouvrir une nouvelle page avec Damas. « Mais il n'est pas concevable d'ouvrir une nouvelle page n'importe comment, a déclaré le leader des Kataëb. Cette nouvelle page ne saurait être ouverte en établissant des relations bilatérales entre la Syrie et des partis. Les relations doivent être bâties par le biais de l'État. »
Après avoir souhaité un retour rapide du Premier ministre désigné à Beyrouth, le président Gemayel a affirmé que les derniers développements ont modifié les données en rapport avec la crise ministérielle. « Le problème ne se pose plus en termes numériques, a-t-il déclaré. Joumblatt a clairement indiqué qu'il se place dans le camp du président de la République. Mais j'ignore dans quel cadre il désire se placer dans le camp du président. Je ne sais pas qui sera avec qui aux yeux de Joumblatt. » Et le leader des Kataëb de souligner que la formule ministérielle 15-10-5 est « dépassée ». Il a toutefois estimé qu'un gouvernement de technocrates n'est pas en mesure d'assurer la gestion du pays dans les circonstances présentes.
Le président Gemayel a, par ailleurs, déclaré que « l'accord préalable sur les grandes décisions politiques avant d'en référer au Conseil des ministres est inacceptable ». « Une participation effective aux prises de décision est nécessaire, et la déclaration ministérielle doit être claire en ce qui concerne la souveraineté nationale », a conclu le leader des Kataëb.


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