Les auteurs soulignent qu'au cours des 30 ans de présence de la Finul au Liban, deux résolutions majeures ont été adoptées par le Conseil de sécurité, la 425-426/1978 et la 1701/2006, rappelant que sans cette dernière résolution, il aurait été impossible d'évaluer le développement de la mission de cette force sur les deux plans, local et international. On se souvient toujours de la passivité de la Finul au cours de l'invasion israélienne en 1982, constatent les auteurs. C'est la raison pour laquelle, la résolution 1701 constitue désormais la référence principale pour une nouvelle lecture du mandat de la Finul au Liban-Sud.
Alors que la problématique que posent les experts et spécialistes consiste à savoir si la Finul s'impose en soi et avec force ou si l'accomplissement de sa mission dépend de la volonté des belligérants, l'ouvrage précise à cet égard que la question de la Finul ne se limite pas à sa mission au Sud, mais que les regards se dirigent actuellement vers la crédibilité des Nations unies et des États de l'Union européenne participants, le but étant de consolider la stabilité au Liban et dans la région, en attendant la relance du processus de paix. Or, il s'avère que ce processus est davantage lié aux enjeux des relations internationales qu'aux interventions du Conseil de sécurité.
L'ouvrage est composé des allocutions d'ouverture (le père Fady Fadel a rendu un vibrant hommage dans son allocution à M. Ghassan Tuéni) et des communications des conférenciers libanais et internationaux (juristes, politologues, sociologues, économistes et ONG locales).
La première séance du colloque a consisté en une approche stratégique des deux résolutions 425 et 1701 quant à la coopération entre l'armée libanaise et la Finul, et le développement de la structure de cette dernière et les étapes de son renouvellement. La deuxième séance s'est centrée autour de la Finul, comme acteur principal dans le nouvel environnement stratégique au Liban-Sud. La troisième séance a développé la dimension sociale et économique ainsi que l'intégration de la Finul au Liban-Sud, alors que la quatrième séance a traité les nouveaux enjeux locaux et internationaux quant à la présence de la Finul au Liban.
L'ouvrage rappelle également les défis que la Finul est appelée à relever en tirant les leçons du passé et en préservant la stabilité au Liban-Sud en coopération étroite avec l'armée libanaise.
La menace constante israélienne et la résistance acharnée du Hezbollah ont constitué le leitmotiv de l'action diplomatique arabe, européenne et américaine dans le processus d'adoption de la 1701 et dans le renforcement du mandat de la Finul. Qu'est-ce qui a changé depuis lors ?
Dans la forme, le gouvernement libanais, au travers du déploiement des Forces armées libanaises (FAL), tend à étendre son autorité sur le territoire du Liban-Sud et de s'assurer, avec la Finul, que cette zone soit exclue de tous personnels armés, biens et armes autres que ceux déployés par lui et par la Finul. En principe, il n'y a pas d'apport considérable dans ce texte par rapport à la souveraineté que doit exercer « normalement » l'État libanais, à l'instar de tout État indépendant et souverain, au sens du droit international.
Or, de fait, l'on rappelle que les Forces armées libanaises sont désormais responsables de la politique de défense nationale. Par conséquent, il leur revient, à titre exclusif, le pouvoir d'exercer la légitime défense à l'encontre d'attaques et de violations portant atteinte à la souveraineté libanaise. Dans ce sillage, force est de se demander si l'on a doté les FAL de moyens et d'équipements nécessaires afin de s'acquitter d'une tâche aussi « ordinaire » !
En outre, les participants voient que la composition euro-asiatique des effectifs de la Finul est gage de rigueur dans l'approche stratégique adoptée dès le départ par les États contributeurs. L'obligation des moyens est remplie. Il reste à prouver si l'obligation de résultat et l'accomplissement réussi de la mission de la Finul sont au rendez-vous, et pour quand ?
Enfin, il convient de signaler que les auteurs de l'ouvrage, ainsi que les maisons d'édition ont décidé de dédier cet ouvrage à M. Ghassan Tuéni, en signe de reconnaissance à sa diplomatie combative qui constitue d'ores et déjà une référence incontournable dans l'histoire contemporaine du Liban.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine