- Tu as suivi l'entretien télévisé d'il y a quelques jours ? m'a-t-on demandé.
- Certainement, entièrement, religieusement, répondis-je.
- C'est une perte de temps, a-t-on rétorqué. Tout le monde sait que cet homme va, avant longtemps, changer d'opinion.
- Non, impossible.
Il a posé sa rose rouge sur la tombe de son père pour être en paix avec sa conscience ; il ne se débinera plus, rappelle-toi le rôle principal qu'il a joué lors de la tragédie des deux Ziad, de sa lutte pour le tribunal international, de sa déclaration au sujet de la souveraineté et de l'indépendance, de son entente profonde avec Saad Hariri, de son courage face aux armes illégales du Hezb, de l'harmonie de ses positions avec celles du patriarche, de sa révolte lors des attentats meurtriers qui ont soufflé nos intellectuels et nos politiciens, de sa sagesse lors des événements du 7 mai 2008.
Tu as tort.
Il a posé sa rose rouge, il ne peut plus changer et être sous l'emprise de la peur, se cantonner dans son Chouf natal et se limiter, coûte que coûte, à préserver sa communauté au détriment de tous les autres Libanais.
Il a posé sa rose rouge, c'est un homme de chez nous, un homme d'honneur, de la montagne, un meneur fier et tenace.
Il a posé sa rose rouge, je vais voter pour lui, il le mérite.
J'ai eu tort, je ne savais pas que cette rose rouge avait la couleur du sang, celui de tous nos martyrs et de tous nos prisonniers oubliés.
Tu avais totalement raison, je me suis lourdement trompée, on ne m'y reprendra plus, c'est promis, juré, parole de Libanaise.
Colette TOUMA


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