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Liban - Le Commentaire

Ce qui compte maintenant, c’est le décompte

Des députés loyalistes se demandent si l'on va pouvoir maintenir la formule 15-10-5 maintenant que l'on ne sait plus trop où Walid Joumblatt se situe, s'il ne va pas rejoindre le centre présidentiel ou jouer les électrons libres. Ses trois ministres potentiels seront-ils mis au compte de la part présidentielle, de la part du Premier ministre ou, uniquement, du PSP ?
L'élément arithmétique est capital en termes d'exercice du pouvoir. S'il doit y avoir, au sein du Conseil des ministres, un trio joumblattiste totalement affranchi de tout engagement avec quiconque, la majorité disposerait de 12 sièges ministériels, l'opposition de 10 et le centre de cinq. Imaginons un vote : dans le cas où le bloc présidentiel ne se rallierait pas à la majorité, ce qui peut arriver selon les sujets, c'est Joumblatt qui ferait la décision, soit en faveur du 14 Mars, soit en faveur des prosyriens. Pour les nominations, essentielles comme on sait en termes de rapports de force politiques, il pourrait bien se retrouver en position d'arbitre. Et s'en faire payer le prix. En spoliant la présidence d'un rôle constitutionnel primordial pour l'État.
On débouche donc, là, sur une question institutionnelle de fond, voire de système. Il faut donc réviser l'équation 15-10-5, de manière à s'assurer que l'arbitrage et la responsabilité d'équilibrer le balancier en cas de besoin restent bien aux mains du chef de l'État. Le Parti socialiste progressiste serait représenté par un ministre, et la Rencontre démocratique que dirige M. Joumblatt par deux autres personnalités, tous trois réglementairement choisis par le Premier ministre désigné, en accord avec le président de la République.

Optimisme
Cependant, les milieux proches du président Nabih Berry continuent à soutenir qu'il ne faut pas trop s'arrêter à des considérations de départage ou de copartage. Dans ce sens, répètent-ils, qu'au-delà des labels d'appartenance, les ministres vont avoir de plus en plus tendance à ne plus prendre de positions uniformisées. Autrement dit, ils prendraient désormais plus d'air, plus de liberté de mouvement selon les sujets, par rapport au clivage rigide 14-8 Mars. Nombre d'entre eux, venant de gauche ou de droite, se rangeraient volontiers, en fonction des circonstances, aux côtés du chef de l'État. Cette présomption de désengagement, ou, plus exactement, d'élasticité renforcée, se trouve confortée, selon ces cadres, par la proclamation d'indépendance de Joumblatt. À leur avis, c'est une bonne chose car, lors d'un vote, il n'y aurait plus, au niveau psychopolitique, de vainqueur et de vaincu. Étant entendu que, comme le veut la Constitution, le chef de l'État s'emploierait à ce qu'une décision soit prise à l'amiable, sans recours au vote.
Pour les mêmes sources, tout devrait baigner dans l'huile, du moment qu'il n'y a pas de risque d'affrontement, au sein de l'Exécutif coagulé, sur des questions majeures. En effet, rappellent-elles, le problème-clé, explosif même, de l'armement du Hezbollah doit être traité autour de la table de dialogue national. La décision de guerre et de paix doit rester du ressort d'un Conseil des ministres qui regroupe, quand même, les principales parties politiques du pays. Il appartient également au Conseil de déterminer les moyens à mettre en œuvre pour récupérer Chebaa, Kfarchouba et Ghajar.
Les réformes politiques ou économiques pourront faire l'objet d'un débat rationnel, à tête reposée, chacun proposant ses idées ou ses projets. Un dossier aussi vital nécessite, impérativement, un consensus, car à la suite d'un vote qui lui serait contraire, toute partie est en mesure de saboter la décision.
En fait, il est également clair qu'on ne peut arriver à rien sur l'armement du Hezbollah, sur la voie à suivre pour Chebaa, ou sur la décision de guerre et de paix, sans un accord général. C'est dans cet esprit que doit s'inscrire l'approche des relations avec la Syrie, sujet de conflit essentiel entre le 14 et le 8 Mars. Ils peuvent s'entendre sur une ligne commune d'assainissement, entre eux et avec Damas, pour peu qu'il y mette du sien. Et il y semble disposé actuellement, à la faveur de son rapprochement avec Riyad.

Des députés loyalistes se demandent si l'on va pouvoir maintenir la formule 15-10-5 maintenant que l'on ne sait plus trop où Walid Joumblatt se situe, s'il ne va pas rejoindre le centre présidentiel ou jouer les électrons libres. Ses trois ministres potentiels seront-ils mis au compte de la part présidentielle, de la part du Premier ministre ou, uniquement, du PSP ?L'élément arithmétique est capital en termes d'exercice du pouvoir. S'il doit y avoir, au sein du Conseil des ministres, un trio joumblattiste totalement affranchi de tout engagement avec quiconque, la majorité disposerait de 12 sièges ministériels, l'opposition de 10 et le centre de cinq. Imaginons un vote : dans le cas où le bloc présidentiel ne se rallierait pas...
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