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Nos lecteurs ont la parole

Iznogoud ou Merlin ?

Nahi LAHOUD
Issu d'une famille historiquement légendaire, implantée dans le Chouf et l'est de Saïda, Walid bey est-il vraiment un leader féodal ou bien un socialiste de salon ? Ou bien encore un gauchiste caviar ? Je ne le situe pas très bien encore. Une chose est sûre : Walid bey a beaucoup de talent et d'humour. Il réussit merveilleusement à aller du machiavélisme à la candeur, sans passer par la diabolisation. Leader d'un parti monolithique où, hélas, il n'y a pas beaucoup d'espaces (verts) pour la démocratie, Walid bey apparaît (quand même) comme un élément incontournable de la vie politique libanaise. Je dirais même plus : « C'est le pivot (pas Bernard) de l'armature du 14 Mars. » On ne peut donc pas se passer de lui (même chez les alliés de Damas). Pourtant, il est parfois rocambolesque, sinon ubuesque. Avec lui, on ne sait pas sur quel pied danser. Il vous donne le tournis ! Pour certains, c'est un peu le Iznogoud de la révolution du Cèdre ; pour d'autres, c'est Merlin l'enchanteur.
En jean et blouson de cuir, il fait vraiment socialiste, mais à le voir juché sur son donjon de Moukhtara, on a tendance à murmurer : « Chassez le féodalisme, il revient au galop ». Cette façon pour cet homme providentiel d'imposer son évidence à ses alliés et à l'opinion est... plus qu'évidente. Prolétaire, féodal ou libertaire ? Je n'ai pas de réponse à cette question, car il est déroutant, même s'il possède une feuille de route précise. En tout cas, force est de reconnaître que cet homme émerge du lot. Il négocie, soupèse, palabre et harangue comme un maquignon. Beaucoup de politicards préfèrent jouer sa carte plutôt que de s'attirer son inimitié. Si les ennemis de Damas ne sont qu'une addition d'appareils, lui, c'est une machine infernale à remonter... les bretelles de ses alliés quand ils ne sont pas d'accord avec lui. Les méfiants ou les impatients voient en lui le spectre de la discorde. Rassurez-vous, on en est loin encore ! Pour l'instant, Walid bey occupe bien la place qui lui est due. Surtout quand il tourne casaque, comme il vient si habilement de le faire. Et puis, quand il essaie de jouer à Batman ou à Spiderman pour soi-disant amadouer les Jokers, les Bouffons verts, les Pingouins ou les Double-Face du 14 Février. Ses amis occidentaux travaillent pour lui, recensant méthodiquement, çà et là, les preuves de l'engagement de ses alliés comme de ses détracteurs, en faveur d'une discorde de bon escient. Et c'est dans cette situation plus que floue que Walid bey intervient chaque fois que la monotonie prend le pas sur l'effervescence. Il intervient avec brio, pour rallumer le feu de la révolte contre les baassistes et leurs suppôts locaux ou contre ses « amis » du 14 Mars chrétiens. Pour beaucoup, c'est le messie du... refus, du tout ou rien. Pour d'autres, c'est l'antéchrist par excellence. Mais du Messie, il a l'orgueil, pas la culture. Et ce messie-là n'est pas attendu... pour le moment. Grâce à Dieu !

Nahi LAHOUD

Issu d'une famille historiquement légendaire, implantée dans le Chouf et l'est de Saïda, Walid bey est-il vraiment un leader féodal ou bien un socialiste de salon ? Ou bien encore un gauchiste caviar ? Je ne le situe pas très bien encore. Une chose est sûre : Walid bey a beaucoup de talent et d'humour. Il réussit merveilleusement à aller du machiavélisme à la candeur, sans passer par la diabolisation. Leader d'un parti monolithique où, hélas, il n'y a pas beaucoup d'espaces (verts) pour la démocratie, Walid bey apparaît (quand même) comme un élément incontournable de la vie politique libanaise. Je dirais même plus : « C'est le pivot (pas Bernard) de l'armature du 14 Mars. » On...
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