Parce qu'il « connaît tellement bien » le Brésil et qu'il s'y sent « tellement intégré », Lavilliers, bientôt 63 ans, ne se rend plus dans le pays où il a vécu « tellement d'aventures ».
Depuis 2006, l'évasion, c'est au pays du Cèdre que le baroudeur aux allures de Corto Maltese la trouve.
« Musicalement, ça m'intéresse : c'est comme une cocotte-minute énorme. Il y a la frontière avec la Syrie et Israël, puis plus loin l'Iran, l'Irak, la bande de Gaza, la Jordanie... c'est très chaud ! Donc il souffle des vents de toute sorte là-bas... », dit le musicien-voyageur, revenant justement d'un séjour au Liban.
« Et c'est quand même toujours intéressant d'être là où ça se passe, où il y a les pires tensions et, à la fois où, comme à Beyrouth, les gens ont tellement la sensation que c'est fragile, qu'ils vivent les trucs très différemment. »
Au Liban, il a beaucoup exploré la musique orientale, notamment en travaillant avec le compositeur Khaled Mouzanar, qui s'est fait remarquer pour la bande originale du film Caramel.
Et l'objectif de Lavilliers est désormais de réaliser la jonction entre tango et musique latine, d'une part, et musique orientale, d'autre part.
Car bien qu'il ait intitulé son dernier disque Samedi soir à Beyrouth, il estime avoir « pratiquement » fait « un album reggae ». « Je ne veux pas continuer ! », lance-t-il.
« Au lieu d'employer des bongos, employons des derboukas ! », imagine-t-il en comparant tambours latins et arabes.
« Cela a tout à fait un autre son et on peut faire évoluer le tempo latin vers l'Orient. Ça peut être très intéressant. Un peu copieux à faire, mais moi, ça ne me dérange pas. »
Lors de son escale à Montréal, Bernard Lavilliers a d'ailleurs donné la réplique à la chanteuse de jazz libano-québécoise Florence K. Leur interprétation en duo de la chanson Et si jamais a été particulièrement appréciée par les quelque 1 400 spectateurs du théâtre
Maisonneuve.
La 21e édition des Francofolies de Montréal, lancée jeudi dernier, se poursuit jusqu'au 9 août.


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