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Nos lecteurs ont la parole

La préservation d’Ortosias

Par Isabelle DOUMET SKAF

Le réenfouissement à court et long terme de vestiges archéologiques dont fait état May Makarem à propos de la découverte d'Ortosias, sur le site de Nahr el-Bared (L'Orient-Le Jour du mercredi 22 juillet 2009) est considéré par les spécialistes de la conservation/restauration comme une option très sérieuse, pouvant assurer la protection du patrimoine archéologique. Preuve en est que le Getty Conservation Institute (GCI) a organisé en 2003 à Sante Fe un colloque entièrement consacré à ce sujet. De larges extraits de cette conférence ont été publiés dans un numéro spécial de CMAS (Conservation and Management of Archaeological sites. vol 6, 2004).
Si le site d'Ortosias n'est pas fouillé dans l'immédiat ou visité par les touristes, ce n'est pas un drame. Le réenfouissement est une option très viable et flexible pour la protection des sites qui ne peuvent être ouverts au public et dont la maintenance régulière ne peut être financée. D'une part, cette solution permet de ralentir le processus de détérioration du site afin d'en stabiliser l'environnement souterrain et d'autre part, elle permet, à long terme, la préservation de l'intégrité du site et de ses vestiges, laissant aux générations futures le soin de le fouiller avec des techniques plus performantes et moins destructrices que celles actuellement utilisées.
Nous avons par ailleurs beaucoup de sites archéologiques au Liban que personne ne visite jamais, notamment au Liban-Nord (Aïn Akrine,  Jaalouk à Menjez, Sfiré, château de Kleiat, château de Akkar el-Atika, etc.). Les « étapes touristiques » ne manquent donc pas. La décision de réenfouir Ortosias n'est donc pas « une drôle de décision » et le site n'est en aucun cas « sacrifié ». Bien au contraire, il est même très adéquatement protégé. Cela contrairement aux nombreux sites du centre-ville de Beyrouth, fouillés et démontés à la hâte, sous la pression du développement urbain et qui sont aujourd'hui irrémédiablement perdus.  
Si le réenfouissement de ce site ne se fait pas dans les règles de l'art, comme le prévoit la Direction générale des antiquités, Ortosias sera peut-être « engloutie sous un remblai d'un mètre de haut », mais au moins ses vestiges seront protégés et ce sera un exemple à suivre.

 

Isabelle DOUMET SKAF
Conservateur/Restaurateur

Le réenfouissement à court et long terme de vestiges archéologiques dont fait état May Makarem à propos de la découverte d'Ortosias, sur le site de Nahr el-Bared (L'Orient-Le Jour du mercredi 22 juillet 2009) est considéré par les spécialistes de la conservation/restauration comme une option très sérieuse, pouvant assurer la protection du patrimoine archéologique. Preuve en est que le Getty Conservation Institute (GCI) a organisé en 2003 à Sante Fe un colloque entièrement consacré à ce sujet. De larges extraits de cette conférence ont été publiés dans un numéro spécial de CMAS (Conservation and Management of Archaeological sites. vol 6, 2004). Si le site d'Ortosias n'est pas...
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