Le président du tribunal a tenté de savoir, par une série de questions qu'il a posées, s'il existe ou non un lien entre les quatre hommes et M. Mokalled ou si ce dernier s'était rendu en mer avec l'un d'entre eux à bord de la barque qu'il utilisait pour se rendre en Israël. Le président du tribunal s'est fondé pour ce faire sur les conclusions de l'acte d'accusation qui indique que M. Mokalled transportait des espions par voie maritime.
Le premier témoin, Mahmoud Rafeh (60 ans), est originaire de Hasbaya et son casier judiciaire est vierge. Après avoir prêté serment, il a nié s'être rendu à Barbir ou d'avoir été en contact avec Kamal Beaini. Le général Khalil lui a ensuite demandé s'il s'était véritablement rendu par bateau en Israël, comme il l'avait lui-même affirmé dans un précédent interrogatoire, et s'il avait dès lors fait la connaissance de la personne qui était en charge du bateau. M. Rafeh a répondu par la négative et affirmé qu'il devait à chaque fois nager durant 15 minutes puis qu'une barque s'approchait d'eux et les transportait jusqu'en Israël. « Je me suis rendu de cette manière deux fois en Israël puis je ne m'y suis plus rendu par mer. » À la question de savoir s'il avait ou non rencontré un Libanais une fois sur place, il a répondu par la négative, indiquant qu'il suivait un entraînement en Israël et qu'il n'avait fait la connaissance de Mokalled qu'une fois en prison. M. Rafeh a ensuite nié devant le président du tribunal avoir « transporté quiconque par mer », soulignant que sa précédente déposition était « fausse » et qu'elle lui avait été soustraite « sous l'emprise de la peur et de la terreur ». Il a par contre confirmé qu'une personne l'accompagnait pour se rendre à la zone sécurisée du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.
Le deuxième témoin, Adib Alam, actuellement à la retraite, était officier à la Sûreté générale et originaire de Rmeich. Âgé de 67 ans, son casier judiciaire était également vierge. Il a affirmé s'être rendu cinq fois en Israël via l'Europe et qu'il n'avait rencontré aucun Libanais lors de ses voyages.
Quant au troisième témoin, Ziad Homsi, il est originaire de Saadnayel et âgé de 61 ans. Il occupe actuellement le poste de vice-président de la municipalité de Saadnayel. Il n'a jamais visité Israël ni aucune de ses représentations politiques à l'étranger. Il a également nié connaître M. Mokalled. L'officier Mansour Diab est, lui, âgé de 47 ans et originaire de Adbel dans le Akkar. Il a affirmé avoir vécu à Baabdate et nié s'être rendu en Israël, tout comme avoir connu Mokalled.
À la fin de la séance, le président du tribunal a écouté l'ex-épouse de Fayçal Mokalled, Nadia Barakat, qui a nié elle aussi être au courant des activités de son mari. « Nous nous sommes rendus une seule fois ensemble en Égypte où nous avons séjourné dans un appartement meublé. Personne n'est venu nous rendre visite. Après cela, je suis rentrée au Liban et il est parti en disant qu'il avait une mission maritime à remplir. » Mme Barakat a demandé le divorce après avoir appris les activités illégales de son mari. Elle a confié que son époux a « des connaissances et des proches dans la zone sécuritaire du Hezbollah ». Mokalled a ensuite demandé à saluer son ex-épouse, mais cette dernière a rejeté la requête avant de sortir de la salle d'audience.


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