La mission chinoise auprès de l'OMC a indiqué dans un communiqué avoir eu pour instruction « d'envoyer une lettre officielle à la délégation de l'UE auprès de l'OMC, qui constitue une requête formelle de consultation dans le cadre de la procédure de règlement des litiges de l'OMC concernant les mesures antidumping prises par la Commission européenne contre l'importation d'éléments de fixation originaires de Chine ».
« La partie chinoise estime que les autorités de la Commission européennes impliquées dans les enquêtes citées ont échoué à se conformer aux règles de l'OMC appropriées dans ce processus », a-t-elle ajouté dans le communiqué.
Une source proche de l'OMC a confirmé que cette demande avait été notifiée.
Le lancement de consultations constitue la première étape du processus de règlement des différends à l'OMC.
Cette étape dure jusqu'à 60 jours, avant la mise en place d'un groupe spécial chargé d'examiner la plainte déposée, si les consultations n'ont pas permis de régler le différend.
Cette action marque une escalade dans ce différend entre la Chine et l'Union européenne. Il a été déclenché par la décision de la Commission européenne en janvier d'imposer des taxes antidumping pouvant aller jusqu'à 85 % sur certains types de vis, boulons ou écrous importés de Chine, une mesure importante en matière d'intérêts économiques.
Le ministère du Commerce chinois avait exprimé un vif mécontentement face à ces taxes, se réservant le droit d'en appeler à l'OMC.
Réagissant au lancement de la procédure à l'OMC, l'UE a justifié hier ses taxes antidumping en raison des « distorsions sur les prix des matières premières » pratiquées par la Chine.
« Nous avons pris note de la demande de la Chine d'ouvrir des consultations avec l'UE à l'Organisation mondiale du commerce concernant les mesures antidumping imposées par l'UE en janvier » contre les vis et boulons originaires de Chine, et « nous allons maintenant étudier attentivement les arguments » de la Chine, a indiqué le porte-parole de la Commission européenne pour le Commerce, Lutz Güllner, dans un communiqué.
Mais, a-t-il précisé, « les mesures antidumping n'ont rien à voir avec le protectionnisme, elles ont à voir avec le combat contre le commerce inéquitable ». « La décision d'imposer des mesures a été prise sur la base de preuves claires qu'un dumping injuste a été mis en place », a-t-il ajouté.
La Chine est le plus grand producteur de vis, de boulons et d'écrous au monde et l'Union européenne est son premier marché, avec des volumes d'exportations qui ont atteint 575 millions d'euros en 2007, selon l'Association des exportateurs et importateurs de boulons et vis de la région chinoise de Jiaxing, principale zone de fabrication de ces produits du pays.

