Lors de l'enregistrement d'une émission diffusée sur le réseau de télévision PBS au cours des trois premiers jours de la semaine, Ben Bernanke a souligné que la crise financière d'une ampleur comparable à celle des années 1930 nécessitait des réponses énergiques.
« Je n'allais pas être le président de la Réserve fédérale qui a présidé à la deuxième "Grande Dépression" », a-t-il expliqué.
« Lorsque vous êtes dans une situation comme celle-là, une véritable tempête, il faut parfois faire des choses qui sont un peu non orthodoxes, inexplorées », a-t-il ajouté. Quelque 190 habitants de la région de Kansas City, dans l'État du Missouri, ont assisté à l'enregistrement de l'émission dans les locaux de la Fed de Kansas City.
Une vingtaine d'entre eux ont pu interroger le président de la Fed sur toute une série de sujets allant du rôle de la Fed dans la protection des consommateurs à ses initiatives pour limiter les saisies immobilières, en passant par les perspectives concernant le dollar.
Ben Bernanke s'est surtout efforcé de démystifier le rôle de la Fed et de battre en brèche l'idée selon laquelle elle disposerait de pouvoirs illimités.
« Je dois rendre des comptes devant le peuple américain », a dit Ben Bernanke.
Il a assuré que la Banque centrale américaine faisait tout son possible pour contribuer à remettre sur pied l'économie, ajoutant avoir bon espoir que le pays retrouve une forte croissance d'ici à quelques années.
Ben Bernanke défend l'indépendance de la Fed
Comme il l'avait déjà expliqué la semaine dernière devant les membres du Congrès, le président de la Réserve fédérale a indiqué que la récession devrait prendre fin prochainement, mais que des risques sérieux persistaient, notamment sur le marché du travail.
Il faut une croissance d'environ 2,5 % pour stabiliser le taux de chômage, mais la Fed ne prévoit que 1 % de croissance pour les six derniers mois de l'année, a-t-il constaté. « Donc, ce n'est pas suffisant pour faire baisser le taux de chômage », a-t-il conclu.
Le niveau élevé du chômage et la production industrielle nettement inférieure à son potentiel laissent le champ libre à la Réserve fédérale pour les taux d'intérêt, a-t-il souligné.
« Mais une fois que l'économie commencera à croître et à aller de l'avant, il sera très important que la Fed démantèle (les mesures de soutien), augmente les taux d'intérêt », a-t-il dit. Interrogé sur le billet vert, Ben Bernanke a répondu que la Banque centrale américaine soutenait en général une politique de dollar fort. « La meilleure façon d'avoir un dollar fort est d'avoir une économie forte », a-t-il dit.
Ben Bernanke, qui est resté serein sous le feu des questions du public, s'est toutefois animé lorsqu'on l'a interrogé sur une mesure à l'étude au Congrès qui consisterait à établir un contrôle des décisions de la Banque centrale par une institution du Congrès, le Governement Accountability Office.
« Je ne pense pas que le peuple américain souhaite que le Congrès conduise la politique monétaire. C'est exactement ce à quoi (la proposition de loi) aboutirait », a-t-il dit.
Le président de la Fed s'est efforcé ces derniers temps de communiquer sur la politique de la Banque centrale autrement que par les canaux officiels. Il s'est notamment exprimé devant le National Press Club à Washington et il a publié la semaine dernière un texte à propos de la stratégie de sortie de crise de la Fed dans les pages opinion du Wall Street Journal. Le mandat de Ben Bernanke prend fin en janvier prochain. Si sa reconduction est probable, elle n'est pas acquise.


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