Samedi, le patriarche s'était déplacé jusqu'à Bécharré, où il a présidé une messe en plein air, en l'honneur de Notre-Dame de la Kadisha. Dans son homélie, il avait noté que « si l'amour habitait les cœurs, nous n'aurions vu ni divisions ni lézardes », dans les rangs de la classe politique libanaise. Au premier rang de la foule des fidèles figuraient les députés Sethrida Geagea, Élie Keyrouz et Antoine Zahra, ainsi que MM. Michel Eddé et Ibrahim Daher.
Pour sa part, à l'issue de l'office religieux, M. Keyrouz a prononcé un bref discours dans lequel il a rendu hommage au patriarche, « la voix qui criait dans le désert de la tutelle quand la syrianisation était un destin, le silence une loi, la scène chrétienne un désert ».
Et de rappeler que « c'est l'appel de septembre 2000 qui a brisé les liens de la peur qui enchaînaient les Libanais et les a aidés à surmonter intimidations et terreurs, pour finalement ouvrir la voie à l'intifada de la liberté et de l'indépendance ».
Au-delà de l'histoire et de la géographie...
M. Keyrouz a ajouté : « Les liens qui unissent Bécharré au patriarcat vont au-delà de la géographie et de l'histoire, pour atteindre l'esprit. Les fils de cette région ont été et seront toujours aux premières lignes de défense de l'Église et du Liban, parce qu'ils sont fils de la foi, de la loyauté et amants de la liberté. Ils savent pertinemment que le Liban que nous connaissons n'aurait pas existé, n'était Bkerké. Et voilà que Bkerké est aujourd'hui aux premières lignes de la défense du Liban, face aux renégats, aux apostats et aux arrogants, face à tous ceux qui souhaitent commencer à modifier le visage du Liban, sa raison d'être et son essence. »
Et M. Keyrouz de conclure : « Patriarche Sfeir (...), vous êtes aujourd'hui le Bon Pasteur qui quitte le troupeau pour aller à la recherche de la brebis perdue. Vous êtes le père qui sait se mettre en colère dans l'amour et mettre en garde avec sagesse. Le Liban se trouve aujourd'hui à un tournant crucial de son histoire. Le maître de Bkerké ne peut faire autrement que trancher, sans se soucier des intérêts particuliers et des personnes, dans le seul souci de plaire à son Seigneur et d'agir en conscience au service de la vérité. »
Le trajet entre le siège patriarcal de Dimane et Bécharré avait été entrecoupé de haltes, au cours desquelles le patriarche a été ovationné.
Recevant par ailleurs des visiteurs au siège de Dimane, le patriarche a particulièrement apprécié la démarche d'un groupe représentant les maronites de Chypre, accompagné de l'évêque du diocèse maronite de Chypre, Youssef Soueif.


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