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Nos lecteurs ont la parole

Mobilisation pour le pont naturel de Faqra

Gladys NADER
Les Libanais n'ont pas encore oublié l'histoire du pont naturel de Faqra et tous les remous qu'elle avait causés il y a exactement quinze ans. Pour eux, l'affaire était terminée depuis et le pont sauvé. Ils se souviennent du cri d'alarme retentissant de SOS Environnement, qui avait rameuté l'opinion publique et suscité un tollé général dans le pays et à tous les niveaux.
Ils se rappellent l'ordre du mohafez du Mont-Liban d'arrêter immédiatement le chantier  illégal  en précisant, contrairement à ce que certains croyaient, qu'il n'avait jamais accordé le moindre permis.
Ils se rappellent que les ministres, députés et hauts fonctionnaires ont dénoncé l'agression par des déclarations publiques, et que le promoteur, indifférent à tout cela, continuait les travaux !
Des travaux qu'il n'a dû interrompre que lorsque le ministre de l'Environnement de l'époque, Pierre Pharaon, a ordonné par décret ministériel l'arrêt des travaux en vertu de la loi qui interdit tout aménagement de quelque nature qu'il soit dans la zone protégée.
Que s'est-il passé depuis ? Le promoteur, seul contre tous, mais déterminé et coriace, attaque en justice le ministère de l'Environnement.
Le verdict du Conseil d'État tant attendu est rendu en 2004. La décision est plutôt décevante, elle prête à équivoque, se base sur des rapports d'experts dénués de toute valeur scientifique, mais renvoie quand même l'affaire au ministère de l'Environnement qui, fidèle à sa position et à la loi, continue de refuser au promoteur l'autorisation d'entreprendre des travaux.
Cette position édifiante du ministère lui a valu alors un second procès, toujours en cours, intenté par l'indomptable et redoutable promoteur, dans le cadre duquel il use de tous ses moyens pour arriver à ses fins, plus déterminé que jamais à réaliser son projet, visant à coiffer notre sublime pont naturel de son amphithéâtre, de sa maison en pierre et tuile rouge, et d'on ne sait quoi encore !
Le procès nous tient en haleine : d'un côté, une procédure nouvelle qui nous ouvre un espoir nouveau de voir ce site protégé pour de bon et à l'abri de toute menace. Mais en même temps, d'un autre côté, nous vivons dans l'angoisse et l'incertitude. Nous sommes, ainsi que le pont, à la merci, avouons-le, d'un ministre, d'un juge, aussi éclairés soient-ils, d'un expert, d'un fonctionnaire, d'un avocat. Une erreur, un comportement déplacé, un débordement quelconque, qu'ils viennent de l'une ou l'autre des trois instances concernées ou de toutes à la fois, et tout est perdu.
Pour une issue favorable, nous demandons aux instances suivante, le ministère de l'Environnement, la Direction générale de l'urbanisme et le Conseil d'État, ce qui suit :
C'est grâce aux ministres de l'Environnement qui se sont succédé, à leur opposition ferme et constante à toute construction sur le pont que celui-ci a été épargné jusque-là. Nous espérons que le ministère maintiendra cette même  position en attendant la décision du Conseil d'État, ou encore qu'il présente une demande d'expropriation du terrain ou d'agrandissement de la zone protégée.
Pour sa part, la Direction générale de l'urbanisme a suivi la même politique hostile à toute construction. Nous espérons qu'elle maintiendra cette politique ferme.  
Enfin, nous demandons au Conseil d'État, qui doit statuer dans le procès en cours, d'accorder à l'affaire l'importance qu'elle mérite en faisant appel non à des experts ordinaires, mais à de grands spécialistes en matière de patrimoine, internationaux s'il le faut, et de conclure par un jugement radical qui ne donne pas lieu à des interprétations diverses.  
Sur un autre plan, il est demandé à une association de protection du patrimoine d'intervenir de toute urgence dans le procès en cours au Conseil d'État en tant que tierce partie. Cette association devrait être de préférence  l'Apsad parce qu'elle remplit les conditions exigées pour plaider cette cause aux côtés du ministère de l'Environnement, pour ne pas le laisser assumer seul cette affaire délicate.
Finalement, il nous est demandé à nous tous, citoyens de tous bords, grands et petits, dirigeants, ministres, députés, médias, associations attachées à notre patrimoine, qu'on voit amoindri, appauvri, il nous est donc demandé à tous de nous mobiliser. Mobilisons-nous, joignons nos efforts pour empêcher l'irréparable. Ce serait un antécédent grave pour ce site merveilleux, surtout que la mobilisation originale en 1994 avait réussi à le sauver.  
Ne  nous laissons pas faire.
Défendons notre terre, notre patrimoine.
Défendons-nous parce que c'est notre bien le plus précieux, que personne ne peut nous arracher.
Ne laissons pas le monde dire que nous négligeons notre patrimoine pour des intérêts matériels ou par mollesse. Retrouvons nos racines, notre passé, notre authenticité. Revenons à notre conscience, à nous-mêmes.
Pour arriver à nos fins, dans cette affaire, qui est la préservation du site à tout prix, nous devons avoir la même détermination pour le protéger que celle du promoteur à le défigurer...   

Gladys NADER
Les Libanais n'ont pas encore oublié l'histoire du pont naturel de Faqra et tous les remous qu'elle avait causés il y a exactement quinze ans. Pour eux, l'affaire était terminée depuis et le pont sauvé. Ils se souviennent du cri d'alarme retentissant de SOS Environnement, qui avait rameuté l'opinion publique et suscité un tollé général dans le pays et à tous les niveaux.Ils se rappellent l'ordre du mohafez du Mont-Liban d'arrêter immédiatement le chantier  illégal  en précisant, contrairement à ce que certains croyaient, qu'il n'avait jamais accordé le moindre permis.Ils se rappellent que les ministres, députés et hauts fonctionnaires ont dénoncé l'agression par des...
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