Abordant en premier lieu la situation qui prévaut dans le Sud, il a exprimé son profond mécontentement par rapport à certains commentaires « qui ont été lancés concernant les derniers incidents, tant ceux lancés par les pays occidentaux que par les autres et qui consistent à dire que ce sont les Libanais qui sont à l'origine de violations » sur le sol israélien. « Nous sommes constamment inquiets d'une éventuelle agression israélienne (...). Je ne comprends pas pourquoi l'Occident est constamment inquiet pour Israël, qui est en fait le véritable agresseur », a-t-il ajouté. « Ils ont peur d'un missile ou d'un dépôt d'armes alors que chaque jour les avions israéliens passent au-dessus de nos têtes et violent à leur guise l'espace aérien libanais (...) Que veulent Israël, l'Europe et les États-Unis de nous ? Jusqu'à quand ce crime va-t-il se poursuivre sur notre sol et celui de nos voisins ? Nous sommes inquiets de leur comportement et de l'application des lois internationales ainsi que du respect des droits de l'homme. Que personne ne vienne nous parler des armes du Hezbollah ni d'aucune autre arme au Liban (...) Les armes que nous détenons ne sont rien face à celles détenues par Israël », s'est-il exclamé.
Se prononçant d'autre part sur les efforts fournis en vue de la formation du nouveau gouvernement, il s'est demandé si « la majorité va pour une seule fois se respecter et mettre sur pied un gouvernement qui correspond à l'intérêt du Liban. La fois dernière, nous savions qui œuvrait pour la formation du gouvernement, alors qu'aujourd'hui nous ne savons pas qui le fait car cette partie est inconnue. Les Libanais n'ont pour eux que leur unité et leur entente. Nous sommes tous en danger, tout le monde essaie de s'ingérer dans nos affaires et nous nous n'en rendons même pas compte ». M. Aoun a ajouté : « Ce statu quo démontre une soumission à l'étranger ; personne ne se laisse guider par son libre arbitre (...). N'ont-ils pas encore appris comment on forme un gouvernement d'union nationale ? Qu'ils prennent en exemple n'importe quel gouvernement étranger et nous les suivrons, mais qu'ils ne viennent pas nous inventer des histoires (...). Nous sommes capables de déterminer nos intérêts et de mettre des limites aux ingérences étrangères d'où qu'elles viennent. Qu'ils nous envahissent de force, nous verrons alors qui gagnera et qui sera perdant. Mais cette résignation permanente à la volonté étrangère, quel cabinet donnera-t-elle ? À quoi bon aller aux urnes alors ? »
Interrogé par la presse sur les raisons de l'optimisme du président de la Chambre Nabih Berry, Michel Aoun a estimé que M. Berry et lui n'étaient pas « sur la même longueur d'onde », mais il a toutefois souhaité que « l'onde de M. Berry soit la bonne ». « Je serai heureux si le gouvernement est formé à la fin du mois », a-t-il précisé. Sur la nature de la coopération entre les différentes composantes de l'opposition, le chef du CPL a répété son attachement à « la représentation proportionnelle et non pas au tiers de blocage. Et ces droits sont naturels. Si nous ne parvenons pas à obtenir nos droits, ce sera en quelque sorte un hold-up et nous ne sommes pas faibles au point d'être victimes d'une telle manœuvre. Celui qui refuse tout cela peut former un gouvernement tout seul, il en assumera alors seul les conséquences ».


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