Dans une déclaration faite dans le cadre d'une conférence de presse tenue dans la matinée au Quai d'Orsay, M. Kouchner a affirmé que la France est « très préoccupée » par ce qui s'est passé à Kherbet Selm, à savoir les incidents où des soldats de la Finul ont été pris à partie.
« Il est inacceptable que les soldats de la force internationale soient pris pour cible, car la Finul a toute notre confiance », a encore dit M. Kouchner qui a estimé qu'une enquête sera ouverte sur cette affaire et qu'elle désignera les responsables de « ces actes intolérables ».
Dans le même ordre d'idées et faisant probablement allusion à certains propos émanant de responsables israéliens, le chef de la diplomatie française a affirmé qu'il n'y a pas lieu de modifier le « mandat robuste » de la Finul, estimant que le commandement de cette force « s'acquitte parfaitement de sa mission, en parfaite coordination avec le commandement de l'armée libanaise ».
M. Kouchner a enfin réaffirmé sa confiance et réitéré son soutien et celui de son pays aux autorités libanaises.
Au-delà de la grande préoccupation sur la situation à Kherbet Selm exprimée officiellement par le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, des milieux politiques français proches de l'Élysée et du Quai d'Orsay craignent une série d'agressions contre la Finul et s'attendent en tout cas à une détérioration de la situation au Liban-Sud en général.
Des sources proches du Quai d'Orsay laissent entendre qu'il ne s'agit pas en fait du seul incident de Kherbet Selm, mais aussi des récentes déclarations musclées formulées par des responsables israéliens qui risquent de susciter des réactions sur le terrain de la part du Hezbollah, ce qui forcerait le commandement de la Finul et éventuellement l'armée libanaise à multiplier leurs perquisitions à la recherche de caches d'armes dans des lieux dont certains seraient maintenant connus.
Damas, filet de protection
Ces sources basent leurs analyses sur le climat de plus en plus malsain qui règne au Liban-Sud et le blocage de tous les contacts diplomatiques directs ou indirects entre Israël d'une part et un certain nombre de pays arabes. Elles citent notamment un diplomate arabe affirmant que « la radicalisation de la politique étrangère israélienne, de nouvelles prises de position israéliennes sur les conditions d'une reprise des contacts avec des parties arabes ainsi que le délai apporté à la formation d'un nouveau gouvernement libanais du fait d'un manque d'entente au niveau de certaines capitales régionales directement concernées par l'avenir du Liban rendent possible un embrasement subit et généralisé au Liban-Sud ».
Enfin, dans des cercles proches du palais de l'Élysée, on affiche une confiance indéfectible dans le fait que Damas ne laissera pas la situation se détériorer au Liban. Certains conseillers du président Sarkozy vont même jusqu'à dire que les relations franco-syriennes maintenant normalisées constituent le meilleur filet de sauvetage possible à cet égard. Des familiers de l'Élysée estiment en fait que Paris et Damas se dirigent lentement mais sûrement vers « une sorte d'alliance stratégique » qui ne peut que renforcer leur appui commun au Liban.

