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Liban - Assassinat Hariri

Bellemare annonce « des progrès » dans l’enquête et se dit « optimiste »

« L'enquête a progressé depuis le dernier rapport d'étape présenté par la commission internationale d'enquête » sur l'assassinat de Rafic Hariri. C'est ce qu'a affirmé hier la porte-parole du bureau du procureur (Daniel Bellemare) au Tribunal spécial pour le Liban, Radhia Achouri.
Lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ordre des journalistes, Mme Achouri a exprimé « un optimisme » certain quant à la progression du travail des enquêteurs, s'abstenant toutefois d'avancer « un timing » pour ce qui est de l'aboutissement du travail d'investigation ou de rentrer dans ses détails, qui, a-t-elle rappelé à maintes reprises, « restent frappés du sceau de la confidentialité ».
« Le secret de l'enquête n'est pas un choix arbitraire. C'est une obligation, un devoir et une responsabilité à part entière », a-t-elle affirmé, en insistant sur l'importance de protéger l'enquête, certes, mais aussi la sécurité des personnes qui sont concernées par ce processus. C'est d'ailleurs pour cette raison précise que la porte-parole a décidé de se prêter au jeu des questions-réponses des médias libanais et étrangers afin, dit-elle, de débattre avec les gens du métier « de la meilleure manière de trouver un juste équilibre entre le besoin de transparence que le TSL s'est engagé à respecter, et les impératifs de la confidentialité qui s'imposent ».
Et Mme Achouri de faire remarquer que son discours reflète uniquement l'opinion et la position du bureau du procureur, insistant sur « l'indépendance » des différents organes du tribunal les uns des autres, « une règle de base incontournable pour éviter les conflits d'intérêts ».
Reprenant une fois de plus les propos de Daniel Bellemare, elle a rappelé à maintes reprises la difficulté de la tâche qui incombe à l'équipe de travail qui, a-t-elle relevé, planche sur « un acte terroriste d'une grande sophistication ». « Aucun d'entre nous n'a rejoint le TSL en croyant que nous atteindrons facilement nos objectifs. » « Cependant, nous n'en sommes pas moins engagés dans la mission qui nous incombe et sommes tout à fait conscients des attentes du peuple libanais », poursuit l'intervenante, précisant que le procureur a constitué une équipe d'avocats et d'enquêteurs professionnels de plusieurs pays du monde, dotés de compétences conformes aux standards les plus élevés ». « M. Bellemare ne compte pas mener une enquête à durée indéterminée qui ne mènerait pas à des résultats concluants », a-t-elle ajouté.
Et la porte-parole de marteler les mots d'ordre qui régissent le travail du bureau du procureur, à savoir « l'indépendance, l'objectivité, l'équité et surtout la justice pratiquée selon les standards les plus élevés ». « Daniel Bellemare ira là où les preuves le mèneront. Le moindre recoin sera débroussaillé. Plus concrètement, cela signifie que nous opérons sans aucune idée préconçue. Cela suppose également que tous sommes égaux devant la loi et notre travail, guidé par le principe sacro-saint de la présomption d'innocence. »
Autre credo suivi par M. Bellemare, le fait que son investigation sera uniquement fondée sur les preuves, rien que les preuves, à condition qu'elles soient « admissibles, crédibles, suffisantes et juridiquement acceptables ». Cela signifie qu'un travail de fond et de longue haleine se fera en amont avant que les actes d'accusation ne soient émis, dit-elle.
La porte-parole a également relevé le fait que la priorité budgétaire a été accordée aux dépenses encourues par l'investigation, soulignant l'unanimité sur le fait que l'enquête constitue le volet le plus urgent pour le moment.
« Notre politique de communication s'étend également aux victimes et aux témoins potentiels, ainsi qu'à toute personne qui pourrait nous contacter en vue de nous soumettre des informations qui puissent être utiles à l'enquête », a-t-elle conclu en rappelant que le TSL a créé un site Internet à cette fin.
Comme on pouvait s'y attendre, la séance de questions-réponses a débuté par une interrogation sur le fameux article de Der Spiegel dans lequel le journaliste avait avancé la piste du Hezbollah en disculpant la Syrie. À ce propos, Radhia Achouri a démenti le fait que le TSL ait répondu aux questions du journaliste, indiquant que la seule réponse donnée à l'hebdomadaire allemand, qui lui avait soumis deux questions par écrit, est que « le bureau du procureur ne peut divulguer aucune information relative à l'enquête ». Et d'expliquer aux journalistes que le TSL « n'a aucune autorité sur les médias, qui sont libres de faire les spéculations qu'ils veulent ». Et Mme Achouri de confier que le TSL a déjà tout un dossier regroupant une multitude d'articles de presse dont les auteurs se sont avancés à faire des spéculations ou des suppositions sur la teneur de l'investigation. Insistant une fois de plus sur le fait qu'aucun renseignement ne sera fourni aux médias concernant le développement de l'enquête, elle a affirmé que seul l'acte d'accusation, une fois établi, révélera alors les auteurs du crime.
À la question de savoir si le procureur a recommencé à zéro son travail d'enquête à l'issue de la libération des quatre généraux, elle a indiqué que l'enquête « n'avait à aucun moment été interrompue ». S'abstenant de répondre à la question de savoir si oui ou non Daniel Bellemare avait de nouveaux témoins, elle s'est contentée de dire que le chiffre de 90 témoins véhiculé par les médias « n'a jamais été avancé par le procureur ». Priée de dire ce qui est advenu de Zouheir as-Siddiq, préalablement considéré comme « témoin-clé », elle a indiqué que ce témoin « n'intéresse plus, ni de près ni de loin, l'enquête », soulignant au passage qu'il n'est pas de la compétence du tribunal de le juger pour faux témoignage puisque ce dernier avait été entendu par la commission d'enquête (présidée par Detlev Mehlis), et non par le TSL. Et d'affirmer, une fois de plus, qu'il n'y a pas lieu que « les considérations politiques, quelles qu'elles soient, puissent influencer l'enquête - concrètement, comment cela serait-il possible d'ailleurs ? » - tenant à rappeler que le procureur s'était engagé publiquement et dans la presse « à démissionner si quiconque tentait d'interférer dans son travail ». Et de conclure sur l'idée du partenariat avec les médias et les journalistes. « Nous ne pouvons réussir sans le soutien de l'opinion publique », a-t-elle insisté.
« L'enquête a progressé depuis le dernier rapport d'étape présenté par la commission internationale d'enquête » sur l'assassinat de Rafic Hariri. C'est ce qu'a affirmé hier la porte-parole du bureau du procureur (Daniel Bellemare) au Tribunal spécial pour le Liban, Radhia Achouri.Lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'ordre des journalistes, Mme Achouri a exprimé « un optimisme » certain quant à la progression du travail des enquêteurs, s'abstenant toutefois d'avancer « un timing » pour ce qui est de l'aboutissement du travail d'investigation ou de rentrer dans ses détails, qui, a-t-elle rappelé à maintes reprises, « restent...
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