Le député Ziad Kadri a estimé quant à lui que « la balle est désormais dans le camp du 8 Mars », car c'est celui-ci qui doit décider de laisser tomber « ses revendications concernant le tiers de blocage ».
De son côté, le leader du parti des Forces libanaises Samir Geagea a affirmé que « les concertations internes sont celles qui créeront le gouvernement, contrairement aux idées reçues. Même les parties externes n'ont plus la même influence sur les différents courants politiques locaux, comme c'était le cas en 2005 ». « Le gouvernement verra le jour lorsqu'une entente interne se réalisera, mais jusqu'à présent, le problème reste important et entier, il s'articule autour du tiers de blocage et cela est réapparu durant les cinq derniers jours (...), a déclaré M. Geagea. Je ne pense pas que le gouvernement sera formé dans les prochains jours. Tout dépendra de l'attitude adoptée par les parties internes. »
Parallèlement, le député Okab Sakr affirmait de son côté, et contrairement au sens des déclarations de Samir Geagea, que l'opposition, et plus précisément le président de la Chambre Nabih Berry, a informé le Premier ministre Saad Hariri qu'« elle n'est pas attachée au tiers de blocage ». C'est ce climat qui a poussé M. Berry à adopter un discours positif portant sur la formation prochaine du gouvernement, « avant la fin du mois ». M. Sakr a d'autre part souhaité qu'aucune « entrave régionale ne vienne faire changer d'avis » à l'opposition. Le bloc parlementaire de Zahlé a affirmé hier pour sa part que le prochain gouvernement devrait être capable de prendre des décisions « tranchées » et d'œuvrer de manière efficace.
L'Option libanaise
Pour l'Option libanaise (courant chiite opposé au projet politique du Hezbollah), il est désormais évident que tout « retard dans la formation du gouvernement diminuera de son aura ». Pour sortir de ce « cercle vicieux », le tout est de se conformer « aux résultats des élections, car celles-ci expriment une réalité politique, et il faut que la majorité qui émane de ce scrutin puisse poursuivre ses efforts afin de former un gouvernement efficace capable de sortir le pays de la paralysie » actuelle, a souligné l'Option libanaise. Le député Serge Torsarkissian a indiqué pour sa part à l'issue d'une réunion avec le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, qu'il fallait, « pour que le climat s'adoucisse », que le 8 Mars renonce au « tiers de blocage », rappelant qu'il revient à la majorité de gouverner le pays.
Du côté de l'opposition, le député Sélim Salhab a relevé que le climat actuel ne laisse pas penser que le gouvernement verra le jour « rapidement » car il existe de nombreux « nœuds, tant sur le plan interne que sur le plan externe ». « La part du président de la République doit provenir simultanément de celle allouée à la majorité et de celle allouée à l'opposition », a-t-il ajouté.
Le vice-président du Conseil supérieur chiite Abdel Amir Kabalan a quant à lui reçu hier le député Amine Wehbé qui a mis en relief la nécessité d'un « dialogue modéré capable d'assurer le lien entre toutes les composantes du peuple » libanais. Abdel Amir Kabalan a mis l'accent sur la nécessité de « mettre rapidement en place un nouveau gouvernement d'union nationale » composé de personnes compétentes, « loin des dissensions et de la haine ».
Pour le député Ali Bazzi, « la position de Nabih Berry n'a pas changé. Il a depuis toujours et continue de réclamer la mise en place d'un gouvernement d'union nationale ». Le député Michel Moussa a relevé pour sa part que « tout le monde est d'accord pour que le gouvernement soit un cabinet d'union nationale efficace ». Le Hezbollah a de son côté fait savoir, par le biais de Nabil Kaouk, que « la Résistance ne veut pas de garanties ou de gains » dans le prochain gouvernement. Ce qu'elle veut, c'est « des garanties nationales qui permettront au Liban de sortir des divisions pour s'orienter vers le partenariat ».


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