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Nos lecteurs ont la parole

Massacre à la tronçonneuse

Raymond NAHAS
En une année, la rue de Verdun, l'une des plus importantes artères de notre capitale, a été perforée trois fois pour différents travaux concernant l'eau, l'électricité et les égouts.
À chaque fois, la circulation dans ce secteur devient intenable, et piétons et voitures sont obligés de s'adapter à un rythme d'une lenteur exaspérante.
Que faut-il à la municipalité de Beyrouth pour coordonner ses travaux et, une fois pour toutes, faire les installations nécessaires en même temps ? Le gain de temps est immense et les frais seront réduits au moins de moitié. À l'ère de l'informatique, tout est facilement adaptable.
Le bruit des tronçonneuses qui perforent avec sadisme cette rue commerçante est exaspérant, et il est amusant d'observer les ouvriers à la tâche pour comprendre pourquoi notre municipalité, malgré les taxes énormes qu'elle nous impose sur les loyers, est toujours en faillite.
Avec cette nouvelle année et l'augmentation de 33 % des anciens loyers, ces taxes vont encore augmenter bien que cette augmentation soit toujours à sens unique. Par exemple, un de mes voisins qui payait il y a 3 ans un loyer annuel de 14 000 dollars, qui avait été réduit à 12 000, est obligé de payer depuis 3 ans sur les 2 000 dollars de différence une taxe de 200 dollars annuellement que, malgré toutes les interventions, il n'a pas pu arrêter.
Il faudrait que dans le nouveau gouvernement en gestation depuis un mois, l'on puisse enfin rétablir l'équilibre et permettre aux services municipaux de coordonner leurs travaux pour réduire les frais.
Un autre exemple vécu, c'est l'installation d'un poteau ou d'un panneau dans la rue. Huit ouvriers, deux autres pour perforer, un pour enlever le sable, deux pour tenir le panneau et deux pour surveiller les confrères pendant que le dernier, qui doit être le chef, prend tranquillement son café, assis sur le trottoir.
À ce rythme, nous comprenons que notre ministère des Finances n'arrive pas à équilibrer son budget. Nous suggérons au nouveau gouvernement d'avoir le courage de réduire le nombre de ronds-de-cuir qui sont dans l'administration et qui sont la raison de la faillite de l'État.
Je me rappelle que, dans mon adolescence, j'allais remplacer mon cousin en vacances dans l'administration des Postes. J'avais été transféré dans le bureau de la comptabilité télégraphique. Il y avait là dix-huit employés triés sur le volet dans la clientèle électorale de plusieurs députés.
Après mon premier mois de travail sérieux, comme me l'avaient appris mes professeurs au collège des Frères, je me suis retrouvé faisant le travail de presque tout le bureau. Entre-temps, six employés prenaient leur café, quatre lisaient le journal, trois flirtaient avec les secrétaires, et le nouveau venu que j'étais faisait le travail de tous. Depuis, les temps ont changé et l'administration est devenue plus pourrie qu'il y a 60 ans. Que Dieu préserve notre Liban de la gangrène administrative et de la dette publique qui ne fait qu'augmenter au rythme des années.
Pauvre Liban !

Raymond NAHAS
Ex-président de l'Association des commerçants de Verdun
En une année, la rue de Verdun, l'une des plus importantes artères de notre capitale, a été perforée trois fois pour différents travaux concernant l'eau, l'électricité et les égouts.À chaque fois, la circulation dans ce secteur devient intenable, et piétons et voitures sont obligés de s'adapter à un rythme d'une lenteur exaspérante.Que faut-il à la municipalité de Beyrouth pour coordonner ses travaux et, une fois pour toutes, faire les installations nécessaires en même temps ? Le gain de temps est immense et les frais seront réduits au moins de moitié. À l'ère de l'informatique, tout est facilement adaptable.Le bruit des tronçonneuses qui perforent avec sadisme cette rue...
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