Au pays de l'absurde et de l'impunité, quelque part vers Gemmayzé, une balle perdue a atterri dans mon jardin, à l'heure où n'importe qui aurait très bien pu se trouver dans sa trajectoire. Le n'importe qui étant évidemment quelques pauvres Libanais civilisés qui ont eu l'idée saugrenue de naître de ce côté-ci de la Méditerranée. Fallait faire du bruit, beaucoup de bruit pour manifester l'immense joie de voir revenu au pouvoir un de ces grands hommes politiques qui savent si bien diriger ce pays ingouvernable. Quitte à blesser ou tuer quelques petits citoyens de seconde zone qui osent s'interposer sur le passage de ces marques bruyantes de joie tapageuse. Alors, avis à celui qui a dirigé son flingue sur mon jardin : je voudrai lui rendre sa balle perdue et juste déceler dans ses yeux ce qui le motive, ce qui l'anime, et surtout cette immense différence qu'il y a entre lui et moi.
Tania Hadjithomas MEHANNA
Je proteste...
...Parce que je suis convaincue que la direction du Festival de Beiteddine n'aurait pas pris la peine d'inviter Gad Elmaleh (ou n'importe quel autre artiste) avant de s'assurer que ses antécédents lui permettent de mettre les pieds sur le territoire libanais.
Parce qu'il n'est pas normal de céder à la pression d'un groupe aux opinions complètement étrangères à nos mœurs.
Parce qu'on n'a pas résisté à toutes sortes de pressions pendant des années pour finalement céder au terrorisme intellectuel.
Parce que je ne leur conteste ni leurs musiques, ni leurs coutumes, ni leurs stars, ni leurs chants et hymnes guerriers et propagande iranienne sur leur chaîne de télé.
Parce que j'ai le droit de lire et voir ce que je veux et qu'ils ne sont pas obligés de venir s'ils n'aiment pas ou s'ils désapprouvent.
Parce que les vidéos d'Elmaleh sont dans nos étagères et que ses personnages font partie de notre quotidien.
Parce que nulle part il n'est écrit qu'un juif n'a pas droit d'accès au Liban.
Parce que c'est une honte que de prouver au monde qu'on ne peut assurer la sécurité d'un artiste invité chez nous.
Parce qu'on ne peut espérer attendre 2 millions de touristes cet été et ne pas pouvoir assurer un séjour agréable et sûr pour une seule personne.
Parce que, c'est la victoire de l'ignorance, de l'inculture et de la haine de l'autre.
Tant pis pour le festival. Tant pis pour le Liban.
Dr Carine CHAMOUN-
CHAMMAS
Gebran avait raison
Poires, prunes, fraises, bananes, abricots ou pastèques : en ce début de saison, on trouve toutes sortes de fruits, mais à des prix inabordables. Le prix pour une pastèque varie comme pour une surenchère de 10 à 12 000 livres libanaises. Idem pour les autres fruits saisonniers : on n'en trouve pas à moins de 4 000 livres le kilo. Avec tous ces prix qui flambent, Gebran Khalil Gebran, notre grand philosophe, avait raison de nous prévenir il y a presque un siècle que notre Terre était en danger et, avec elle, l'avenir de l'humanité. Nous mangeons ce que nous ne récoltons plus. Dans les banlieues est ou ouest de la capitale, il y a à peine quelques années, on s'enivrait encore, lors d'une balade, du parfum des orangers, réduits de nos jours à des déserts ou parkings géants pour certains grands points de vente. Dans la plaine de la Békaa, face au fléau de l'immobilier, nos vastes plaines commencent elles aussi à se vider pour céder la place à des immeubles qui, de l'avis des ex- agriculteurs, sont de loin plus rentables et surtout moins fatigants que de labourer son territoire. Même son de cloche côté sud, où les bananeraies qu'on rencontrait le long de la région côtière disparaissent petit à petit. Et que dire aussi des régions du Mont-Liban réputées pour leurs cerisiers et pommiers, mais dont les résidents, à cause de la vie moderne, ont quitté leurs foyers pour venir à Beyrouth et ne reviennent plus que pour l'été, conservant ainsi quelques échantillons de ces arbres dans leurs jardins. Face à ce drame que vit notre nature, et face à notre ingratitude envers notre terre, n'est-il pas temps d'aller à son secours, refaire nos comptes, reboiser, planter avant qu'il ne soit trop tard ?
Nazira A. SABBAGHA
Les parcmètres encore
J'ai bien lu l'article de Patricia Khoder au sujet des parcmètres à Beyrouth (voir L'Orient-Le Jour du jeudi 9 juillet 2009). L'autre jour, j'ai acheté une carte à puce à 20 000 LL pour l'utiliser. Je l'ai fait pour garer ma voiture une heure, au centre de Beyrouth. Le parcmètre a débité ma carte de 10 000 LL au lieu de mille. C'est affolant dans un pays qui se considère touristique et qui soi-disant respecte « les droits du consommateur », comme certains responsables nous le répètent tous les soirs.
J'ai écrit et envoyé une lettre au ministre de l'Intérieur, accompagnée de ma carte et du reçu de 10 000 livres.
J'ai trouvé un support moral et une consolation avec votre article. Merci !
Louis HOBEIKA
PhD
Professeur d'économie


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef