Que vous ayez des opinions politiques différentes est tout à fait légitime, mais je vous prie de rester fidèle à mes propos ou mes pensées sans les déformer, de crainte que vous ne succombiez malencontreusement à la mauvaise foi, au lieu du simple droit à la différence que vous pensiez exprimer.
N'ayant jamais qualifié quiconque de « moutons de Panurge », je me suis référé à une partie des chrétiens (et non pas tous ceux qui ont voté contre nous) qui a été trompée par des discours et des slogans amplement exploités pendant la campagne électorale puis soudainement abandonnés ou rangés au placard 24 heures après. Comment interpréter autrement les discours du chef de la majorité, décrétant au lendemain des élections que les armes du Hezbollah sont « hors de discussion » et invitant le Hezb à écrire « à sa guise » le passage de la déclaration ministérielle à venir ayant trait à ces armes ? Comment une visite de Saad Hariri en Syrie devient envisageable et acceptable alors que la visite du général Aoun quelques mois auparavant fut un des griefs principaux utilisés contre lui pendant la campagne?
Quant à vos multiples interrogations, elles devraient être replacées dans leur contexte politique d'origine puisqu'elles énumèrent quelques conséquences de la crise sans évoquer les responsabilités politiques qui y ont trait.
D'une manière générale, le Courant patriotique libre a suivi une politique qu'il a jugée rationnelle et responsable pour préserver la stabilité et l'unité du pays dans un contexte de confrontation régionale et interne, extrêmement complexe et dangereux. Les principaux fondements de cette politique, tel le processus qui doit mener à la résolution de la question des armes du Hezbollah ou la normalisation des relations avec la Syrie, ont été repris littéralement à la table de dialogue national, dans le discours d'investiture du président de la République, dans la déclaration ministérielle du gouvernement actuel et dans les prises de position postélections
2009 du nouveau Premier ministre désigné.
Croyez bien, chère Madame, que le CPL est tout à fait soucieux et prêt à tendre la main à tous ses adversaires dans l'intérêt général du pays et dans la perspective d'un avenir stable et meilleur. Toujours est-il que la réussite de ce défi passe indéniablement par une volonté mutuelle et sincère de coopération et de partenariat, loin de toute surenchère, de tout unilatéralisme et de toute diffamation.
Alain AOUN
Député CPL

