« Vierge ascendant Vierge ! Je suis une vraie perfectionniste qui fouille les détails pour trouver la petite erreur et la corriger...» Les élèves qui fréquentent son atelier peuvent en témoigner, l'erreur ne passe pas avec Maryse. Mais tout passe avec l'humour. Une légèreté qui la caractérise et qu'elle place dans tout ce qu'elle fait, même une simple tasse à café.
De l'univers des siences politiques, de l'image immaculée de la Suisse où elle a vécu durant de longues années et participé à de nombreux stages pour apprendre cette technique particulière, l'artiste a hérité ce souci du travail bien accompli. Des idées, elle en a par milliers, qu'elle décline depuis neuf ans en assiettes, tasses, vases et autres verres. « J'aime le blanc de la porcelaine, tient-elle à rappeler, cette surface à mes yeux idéale pour y apposer le motif parfait. »
Jamais lasse d'inventer, elle puise son inspiration de thèmes aussi différents que le Kama-sutra, le Japon, la Chine, Iznik, les fruits, les légumes, les chocolats, les biscuits ou les simples motifs géométriques. Avec le temps, un travail qui évolue, se modifie. « J'ai eu envie de changer, de faire avancer l'ensemble, vu que je ne travaille pas la matière. » C'est ainsi qu'est née l'idée de monter des pièces, de les superposer, pour en faire des lampadaires. Joindre l'utile à l'agréable ! Le tout relevé d'une pointe d'humour qui est un peu le label de Maryse. Ses pièces, ramenées de France, de Turquie ou d'ailleurs, prennent un autre visage lorsqu'elles sont ainsi associées. « Des services à thé montés en lampes, il fallait le faire. Je me suis éclatée ! »
L'idée, inattendue, n'en demeure pas moins séduisante. Et le résultat charmant. Dans ses séries, il y a le thème du poker, des geishas, du théâtre, des masques, des bouddhas, des éléphants ou encore des papillons. Grands, moyens ou carrément en miniature, les théières, les cendriers, posés à l'endroit, à l'envers, avec des motifs peints en noir, blanc, gris, bordeaux, rouge et noir, décrivent bien l'univers de l'exubérante Maryse Mokdessi, rapidement reconnaissable. Avec ou sans abat-jour, ils n'en demeurent pas moins des luminaires, dont elle a même appris tous les rouages électriques. « La créativité est importante, mais la minutie dans le fini l'est encore plus. La peinture sur porcelaine et verre est une véritable thérapie qui calme. »
A-t-elle fait le tour de l'idée ? « Jamais », s'écrie-t-elle. « Je sais déjà ce que je vais faire après », conclut cette passionnée qui passe jusqu'à 12 heures d'affilée, en buvant du thé sans doute, à multiplier les idées lumineuses !
* Tea Lights by Maryse Mokdessi aux Lina's, ABC Dbayé et Achrafieh. Le vernissage a eu lieu le 1er juillet. L'exposition se poursuit jusqu'au 18 juillet.

