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Nos lecteurs ont la parole

Charité bien ordonnée…

Nahi LAHOUD
Selon le magazine Newsweek, l'ampleur de l'appui financier de l'Arabie saoudite pendant les élections a dépassé le cadre de l'imaginable : 715 millions de dollars ! Est-ce possible ? Après tout, il faut bien que les électeurs vivent. Il paraît qu'Obama et McCain réunis n'avaient pas dépensé autant durant leur campagne électorale. Eh bien oui, au Liban, tout est possible, surtout avec les pétrodollars qui éthérisent les marchands du temple libanais. Dans le même temps, le magazine souligne l'inquiétude grandissante des pays arabes « alliés » des États-Unis, de l'influence politique de l'Iran au Liban. Pour eux, le conflit israélo-palestinien est une chance pour l'empire des Mèdes, pasdaranisés, pour continuer à embarrasser leurs régimes très peu démocratisés. C'est pourquoi ne nous emballons pas trop pour la démocratie au Moyen-Orient, car malgré la « transparence » des élections libanaises, accueillies avec soulagement par l'Occident, nous sommes loin encore d'être une république souveraine. Souvenons-nous, les marsistes avaient remporté les élections de 2005 de la même façon et qu'avons-nous récolté ? Une série d'assassinats, une dette galopante, un discours politique de bas étage et surtout une dégradation des mœurs. Alors que l'on ne me dise pas qu'avec des hommes comme Berry, Joumblatt, Harb, Murr, Fatfat, Siniora, Geagea, Gemayel, Fattouche, nous allons enfin atteindre le nirvana ! Ces derniers devraient remercier avec dévotion tous les immigrés importés des quatre coins du monde qu'on a amenés même dans des avions cargos pour voter « zaï ma hiyyé ». Plus on est nombreux, plus on s'amuse et on use l'adversaire.
Rappelons que des élections « libres » avaient été organisées également en Palestine, en Irak, en Égypte ; regardez le résultat : l'Irak est devenu un pays où le sang coule plus que le pétrole, le Hamas a gagné, mais il a perdu ses illusions, les Palestiniens sont divisés et vivent dans la misère, le Liban a été bombardé sauvagement par Israël alors que Siniora, tapi dans son caravansérail, nous bombardait de discours lyriques et des opposants à Moubarak (en perte de vitesse) ont été arrêtés arbitrairement. Mais ce qui nous sidère, c'est l'ampleur des ingérences wahhabites, au Liban. Incapables de faire front au président iranien et à son mentor l'ayatollah Khamenei (à mentor, mentor et demi), ils essaient de les contrer sur notre sol. Mais la défaite du Hezbollah au scrutin du 7 juin 2009 n'est qu'un détail pour Ahmadinejad. Et pour le Hezbollah, la victoire de ce dernier est plus importante que sa défaite aux élections libanaises. Car ni les Yankees, ni les gardiens de La Mecque ni les ex-Pharaons n'ont réussi jusqu'à présent à élaborer une stratégie intelligente, efficace et unifiée, face aux rusés descendants de Pyrrhus. D'ailleurs, l'un des responsables saoudiens aurait confié au journaliste de Newsweek que pour lui Israël est la clé de l'Iran pour entrer dans le monde arabe. Et si l'Iran est une menace pour le monde arabe, elle est une menace par le fait même pour les intérêts qui pourraient résulter des alliances arabo-israéliennes. N'était-il pas magnifique le scrutin bouffon et facétieux auquel les dindons de la farce que sommes viennent de participer ? N'aurait-il pas été plus charitable de la part des frères saoudiens d'éponger une partie de notre dette publique avec ces 715 millions ? « La pire des démocraties est préférable à la meilleure des dictatures», disait un auteur portugais, Ruy Barbosa. Alors, charité bien ordonnée commence par soi-même. Ces présidents sont nos potes et ces roitelets sont nos frères de lait, clament le barbichu, le tif et le tondu de la révolution du Cèdre.
Une révolution qui devient orbitale et un cèdre qui tend à se dessécher.

Nahi LAHOUD
Selon le magazine Newsweek, l'ampleur de l'appui financier de l'Arabie saoudite pendant les élections a dépassé le cadre de l'imaginable : 715 millions de dollars ! Est-ce possible ? Après tout, il faut bien que les électeurs vivent. Il paraît qu'Obama et McCain réunis n'avaient pas dépensé autant durant leur campagne électorale. Eh bien oui, au Liban, tout est possible, surtout avec les pétrodollars qui éthérisent les marchands du temple libanais. Dans le même temps, le magazine souligne l'inquiétude grandissante des pays arabes « alliés » des États-Unis, de l'influence politique de l'Iran au Liban. Pour eux, le conflit israélo-palestinien est une chance pour l'empire des...
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