Ici ou là, les armes refont leur apparition, pour un oui ou un non. D'innocentes vies sont fauchées, comme celle de Zeina el-Miri, atteinte d'une balle en plein cœur, alors qu'elle était debout sur son balcon à Aïcha Bakkar. D'autres sont brisées à jamais, comme celle de Maya Keyrouz, amputée d'une jambe après avoir été sauvagement agressée, à Jbeil, pour avoir affiché son appartenance politique, le jour des élections. Les familles endeuillées crient vengeance. La haine entre les communautés s'amplifie.
À Ehmez, ce sont des étudiants en mission qui sont kidnappés, délestés de leur argent, de leur téléphone cellulaire et de leur voiture par des individus armés, bien à l'abri des regards dans des véhicules aux vitres teintées.
Le corps médical n'est pas épargné. La nuit, alors qu'ils se rendent à l'hôpital pour des urgences, des médecins de la Békaa sont la cible de bandits des grands chemins qui les abandonnent sur la route après leur avoir volé leur voiture. Le scénario est le même à tous les coups. Les voleurs choisissent leurs proies en fonction de la voiture qui les intéresse, une 4 x 4 de préférence. Ils fuient en direction de Baalbeck et contactent le propriétaire du véhicule, quelques jours plus tard, pour réclamer une rançon.
La recrudescence des incidents n'est pas seulement déplorable, elle est gravissime aussi bien pour la sécurité du citoyen que pour celle du pays. Il est donc légitime de se demander pourquoi ces débordements se multiplient au moment des tractations pour la formation du gouvernement. Il est tout aussi légitime de conclure que le politique et le sécuritaire sont étroitement liés, et que ces incidents ne sont autres que des pressions, voire des menaces exercées par une partie sur l'autre.
Le citoyen, lui, se demande de quoi sera fait l'été, alors que touristes et émigrés affluent de partout. Dire qu'il aurait bien voulu profiter de cette ambiance de vacances qui flotte dans l'air pour se détendre un tantinet !
Qu'attendent donc les autorités pour faire preuve de poigne, à l'échelle nationale, une bonne fois pour toutes ?

