2009, le cœur de Michael Jackson s'arrêtait de battre ainsi que le pouls de la musique.
Avant d'effectuer cette intrusion dans la musique, j'ouvre une parenthèse (à la manière de Michel Drucker qui dit « si tu nous regardes, salut... », je dirai Médéa, si tu me lis... ! ). Car l'univers musical est certainement indissociable de celui du cinématographe.
L'époque Jackson, ce benjamin des Jackson Five aux pantalons psychédéliques et cheveux afro, devenu soudain Bambi interplanétaire, un tantinet Thriller, curieusement Bad, mais toujours Black or White, a marqué une nouvelle ère dans la manière de filmer. Et les plus grands, je dis bien les plus grands, Coppola, Spielberg et, certes, le Marty, s'y sont frottés en se mettant en quatre pour immortaliser visuellement celui qui deviendra the « King of pop ». Car oui, avant Michael Jackson, et soyons « fair », avant David Bowie, les clips étaient ringards. Thriller, album produit par Quincy Jones en 1982, dont le long vidéoclip a été réalisé par John Landis ; Bad en 1987 (Martin Scorsese) ; Black or White en 1991 (John Landis) ; Who Is It, 1992 (David Fincher) ou encore They Don't Care About Us (1996), signé Spike Lee. Autant de monstres révolutionnaires dans le monde de l'image.
La musique, qui a toujours interféré dans le cinéma même avant l'époque du parlant, puisqu'elle était le seul support pour la gestuelle des acteurs du muet, est venue actuellement magnifier les clips. En leur donnant ce pouvoir magique, elle a laissé des empreintes fortes dans l'esprit du spectateur. Cette musique qui traverse les temps et les âges transcendant tous les langages et unissant les langues et les races tout comme ce Red Violin de François Girard qui a voyagé de la Chine aux États-Unis, en passant par la Russie pour atterrir par la suite au Canada. Ce violon qui traversa les siècles, mais qui était finalement plus qu'un instrument, puisqu'il était humain. Cette musique-là ne meurt jamais. Elle est indéfectible.
À la sortie du film de Jacques Audiard, De battre mon cœur s'est arrêté, Romain Duris, qui incarne Tom, jeune agent immobilier véreux qui décide de changer de vie et tout quitter pour le piano, avait dit : « C'est l'histoire d'un gars qui devient un homme... »
Alors que le cœur de Michael Jackson s'est soudainement arrêté de battre, l'histoire de ce « moonwalker » (fameuse danse à reculons du chanteur) est celle d'un gars qui a décidé de devenir enfant. C'est probablement pour cela qu'il a inventé ses pas à reculons. Sa vie tumultueuse, aseptisée, blanchie pourrait également s'apparenter au dernier film de David Fincher, The Curious Case of Benjamin Button, où enfance et sénilité se mêlent en toute disharmonie, à résonance certes musicale, mais également (in)humaine.

