Rien n'a changé
Dans L'Orient du 2 juin 1929, on pouvait lire que des élections législatives s'étaient déroulées dans le calme, dans tout le Liban, entre 8 heures et 19 heures. Seuls les électeurs arméniens manifestèrent quelque nervosité, qui se traduisit le matin par des échanges de trique... Dans les « provinces » du Metn, du Chouf et du Kesrouan, où la lutte fut assez âpre, les voix allèrent à Habib Pacha el-Saad, qui se serait assurer la majorité dans le Chouf. Le Kesrouan fut disputé par les cousins ennemis : Youssef et Farid el-Khazen. Dans le Metn, la liste patronnée officieusement par Mgr Abdallah Khoury l'avait emportée sur celle de Nasri Lahoud. À Zghorta et à Tripoli, les choses s'étaient passées comme prévu. Dans la Békaa, aucune surprise ne pouvait se produire, les adversaires de la liste Nammour-Haïdar s'étant pratiquement désistés avant même l'ouverture du scrutin. Au Liban-Sud, la liste Zein qui se représentait comme liste gouvernementale avait réalisé la presque-unanimité des voix.
Aujourd'hui, il est triste de constater qu'en ce 7 juin 2009 et bien que plus de trois quart de siècle après 1929, le féodalisme et le clientélisme ont encore une fois marqué le scrutin. Pour certains, les partis arméniens ont suscité la nervosité de quelques alliés et ont été accusés par d'autres de trahison. Dans le Metn et le Kesrouan, entre cousins ennemis et querelles partisanes, un seul courant, celui du CPL, a pu s'imposer. Le Chouf est resté une vraie « province », où le PSP a remporté une victoire écrasante. Même son de cloche du côté de Zghorta et de Tripoli. Avec la capitale du Nord, Beyrouth et Saïda sont représentées par le Courant du futur qui est devenu le plus grand parti, incarnant désormais le sunnisme politique. Enfin, si la Békaa a connu cette fois une surprise, au Sud tout s'est déroulé comme prévu. Face à ces blocs confessionnels, notre souhait le plus cher est de voir nos députés voter un jour et au plus tôt pour une nouvelle loi électorale moderne, plus souple, prévoyant l'abolition des privilèges et du confessionnalisme politique qui paralyse le pays.
Antoine SABBAGHA
Dans L'Orient du 2 juin 1929, on pouvait lire que des élections législatives s'étaient déroulées dans le calme, dans tout le Liban, entre 8 heures et 19 heures. Seuls les électeurs arméniens manifestèrent quelque nervosité, qui se traduisit le matin par des échanges de trique... Dans les « provinces » du Metn, du Chouf et du Kesrouan, où la lutte fut assez âpre, les voix allèrent à Habib Pacha el-Saad, qui se serait assurer la majorité dans le Chouf. Le Kesrouan fut disputé par les cousins ennemis : Youssef et Farid el-Khazen. Dans le Metn, la liste patronnée officieusement par Mgr Abdallah Khoury l'avait emportée sur celle de Nasri Lahoud. À Zghorta et...


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