- Zéro comme l'espace réservé aux problèmes de pollution dans la campagne des législatives.
- Zéro comme l'intérêt pris par les élus aux problèmes de gestion des déchets ménagers, hospitaliers et industriels. La situation de la décharge de Saïda est un cas exemplaire à ce sujet. On doit savoir qu'une tonne de méthane (CH4) dégagée par la décomposition organique est vingt et une fois plus polluante qu'une tonne de gaz carbonique (CO2).
- Zéro comme les mesures prises pour lutter contre la pollution des nappes phréatiques par l'enfouissement de matières toxiques dans le sous-sol libanais (i.e.: batteries usagées de voitures).
- Zéro comme le comportement des municipalités dont les réseaux d'égout sont archaïques. On peut s'interroger aussi sur la situation de Tripoli et de Chekka où des usines ultramodernes de traitement d'eaux usées ont été construites, livrées et inaugurées par les responsables politiques sans que personne ne s'étonne de ce qu'aucun réseau collecteur ne soit connecté à ces usines!
- Zéro comme le nombre de mesures et d'incitations fiscales que l'État et les municipalités auraient dû prendre pour encourager le citoyen à utiliser les énergies propres (panneaux photovoltaïques, éoliennes, lampes LFC, etc.). En effet, le déficit et les subventions concernant le courant électrique ne pourront trouver de solutions qu'à partir du moment où des moyens seront mis en place pour réduire la consommation de kWh/hab. Aujourd'hui en France dans les grandes surfaces, seules les lampes à basse consommation sont disponibles. C'est une conséquence du Grenelle de l'environnement.
- Zéro comme le nombre de minutes de discussions consacrées par les responsables aux problèmes de pollution liés aux transports terrestres. Savons-nous qu'à certains points géographiques du Liban, 75% de l'émission de CO2 est produite par la circulation? C'est en moyenne 3 à 4 fois plus important que le ratio d'une grande capitale.
- Zéro comme l'intérêt de santé publique sur la population libanaise, et plus spécialement sur les maladies pulmonaires et cancérigènes de nos enfants et petits-enfants. Le Liban aurait dû mettre en place un système quotidien d'information et de mesure de la qualité de l'air, accessible à tous.
- Zéro comme le nombre d'initiatives encourageant les sociétés libanaises et l'État à utiliser les mécanismes mis à disposition dans le protocole de Kyoto, permettant d'aider les pays en voie de développement à diminuer leurs niveaux d'émission de gaz à effet de serre. (Pour information, ces gaz sont au nombre de six: le CO2, le CH4, le N2O, le PFC, le HFC et le SF6). Une des raisons évidentes pour le personnel politique de se désintéresser de la question est que dans le cadre de ces accords il y a une mise en place de cellules de contrôle technique et financier de la part de sociétés internationales connues pour leur sérieux. C'est incompatible avec les mentalités qui sévissent à tous les niveaux de l'administration.
- Zéro toujours quand il aurait fallu dans le bâtiment encourager la construction d'immeubles à faible consommation énergétique et à grosse utilisation de matériaux recyclés et recyclables. Doit-on rappeler que pendant ce temps une ville comme Abou Dhabi est à l'avant-garde mondiale en matière de l'environnement en projetant de construire une cité «Carbon Neutral», c'est-à-dire à zéro émission de G.H.G. (Masdar City. Architecte: Sir Norman Foster).
- Zéro comme le nombre de contrôles effectués sur les navires qui font des côtes libanaises le lieu privilégié de délestage de leurs cuves à fuel. Sur d'autres rivages, cet acte peut être poursuivi pénalement et assorti de très lourdes peines et amendes, d'où l'intérêt d'utiliser le Liban, paradis des pollueurs.
- Zéro comme le degré de préparation aux grandes échéances internationales qui nous attendent dans le domaine de la lutte contre les gaz à effet de serre (G.H.G.) et les nouveaux mécanismes qui remplaceront ceux du protocole de Kyoto et qui seront discutés à Copenhague à partir du 1er décembre 2009.
Soyez tous rassurés, nous n'avons besoin de personne ! Nous sommes en train de la détruire tous seuls, anéantissant par la même tous les secteurs économiques qui en découlent.
Aujourd'hui, l'environnement est la priorité de tous les pays développés. Les ministères concernés y tiennent une place prépondérante dans la hiérarchie des gouvernements. Il est temps pour le Liban de se mettre au travail. Des solutions existent, et des organisations économiques internationales pourraient collaborer à condition que soient réunis les éléments d'une telle collaboration. Cela passe en priorité par une volonté politique affirmée de s'intéresser enfin à la « dépollution » de notre pays.
Jean-Louis H. EDDÉ
Président de Green Enterprises SAL
(*) Environ 3 millions de dollars sur un total de 15 milliards de dollars.
Zéro comme l'espace réservé aux problèmes de pollution dans la campagne des législatives.
Zéro comme l'intérêt pris par les élus aux problèmes de gestion des déchets ménagers, hospitaliers et industriels. La situation de la décharge de Saïda est un cas exemplaire à ce sujet. On doit savoir qu'une tonne de méthane (CH4) dégagée par la décomposition organique est vingt et une fois plus...


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