Dans mon article j'ai bien fait la distinction entre les voix du Tachnag et celles de la communauté arménienne. Nul ne saurait contester aux Arméniens, comme à tout Libanais, le droit de faire un choix. À condition toutefois qu'un tel choix soit mû par des considérations purement et exclusivement locales. Ce que certains contestent dans la position du directoire du Tachnag (le terme « directoire » est de mise car nombre des cadres et des membres de ce parti ne sont pas d'accord avec les orientations de ce directoire), c'est qu'il s'est positionné dans le même camp que des factions locales (le Hezbollah et les prosyriens) dont le projet politique est, par essence, aux antipodes de la souveraineté nationale et de l'édification de l'État central (les faits sont suffisamment éloquents sur ce plan). Ce positionnement est d'autant plus surprenant qu'il s'est accompagné d'en zèle hors du commun déployé par la direction du parti pour acheminer au Liban des milliers de membres du Tachnag (des quatre coins de la planète) pour faire pencher la balance en faveur d'un camp dont la victoire (le président Ahmadinejad dixit) aurait permis de renforcer encore davantage la « résistance » (le Hezbollah) non seulement au Liban, mais aussi à l'échelle régionale. Connaissant les liens privilégiés de l'Arménie avec l'Iran, et compte tenu du fait que le zèle exceptionnel (et très coûteux...) de la direction du Tachnag s'est accompagné du même zèle déployé par le Hezbollah à Jbeil et Baabda, on ne peut s'empêcher de se poser des questions, surtout si on introduit, de surcroît, le paramètre de la Turquie et ses rapports avec l'Iran. Quant à la nature des relations avec l'Iran et leur influence sur le positionnement de la direction du Tachnag, j'ai précisé dans mon article que certains « engagement régionaux » ont peut-être été pris par le directoire actuel du Tachnag . Mais il n'est pas opportun de s'étendre sur cette question.
En conclusion, ce que l'on attendait du commandement du Tachnag (comme de toute autre faction libanaise), c'est d'œuvrer à bétonner le Liban contre les manœuvres des axes régionaux et de ne pas tenter l'impossible, et l'impensable, pour favoriser la victoire du camp qui confirme quotidiennement qu'il n'a aucun intérêt à voir la souveraineté consolidée ou l'État central renforcé.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef