La délégation libanaise a été accueillie à l'aéroport par le ministre égyptien du Pétrole Sameh Fahmi. Les officiels libanais et égyptiens se sont ensuite rendus au palais présidentiel, où ils ont été reçus par le président égyptien Hosni Moubarak en présence de l'ambassadeur du Liban au Caire Khaled Ziadeh et de la conseillère du Premier ministre Roula Noureddine.
À l'issue d'entretiens avec le président Moubarak et le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul Ghait, principalement axés sur l'énergie, Fouad Siniora a prévenu que « si un nouveau gouvernement d'union voit le jour, il sera basé sur un partenariat et non sur le principe de la paralysie ». L'accord passé à Doha peu avant l'élection du président de la République Michel Sleiman « n'a rien à voir avec la Constitution libanaise ou son système démocratique. (...) C'était une formule adoptée pour une période déterminée, qui prend fin avec le terme du mandat du gouvernement actuel », a ainsi précisé le Premier ministre. « L'expérience n'était pas concluante pour la réitérer. Il faut former un gouvernement d'union nationale fondé sur la participation de tous, non sur le blocage », a-t-il ajouté, avant de mettre en relief le rôle de premier plan du président de la République, « qui, par sa position équilibrée », saura mener le pays à bon port. « Le nouveau Parlement verra le jour le 20 juin, et il y a des mesures qu'il faudra prendre comme l'élection du président de la Chambre. Ensuite, nous devrons procéder à des consultations conformément aux dispositions de la Constitution. Il faudra que toutes les parties prennent en considération les résultats des élections, et qu'elles s'attardent aussi sur l'expérience que nous avons vécue avec l'actuel gouvernement. Une expérience qui n'a pas été concluante, et il faut que nous gardions cela à l'esprit », a ainsi indiqué le Premier ministre.
Une solution passagère
À la question de savoir si le président de la République allait bénéficier du tiers de blocage, M. Siniora a relevé que « l'accord de Doha nous a démontré qu'il est impossible de changer quoi que ce soit au Liban sans passer par les institutions étatiques. Personne ne peut user de la force pour réaliser de quelconques gains politiques. C'est une réalité connue que les événements du 7 mai 2008 nous ont permis de redécouvrir ».
Il a également ajouté que l'accord de Doha a dans ce cadre permis de trouver une solution « temporaire et passagère (...) L'actuel gouvernement est tombé d'accord sur l'adoption du tiers de blocage mais cela n'a aucun lien avec la Constitution (...) ». Il a en outre souligné que cette expérience « prend fin avec le mandat de l'actuel gouvernement » car elle ne s'est pas avérée « concluante ».
Répondant à une question concernant les armes du Hezbollah, le chef du gouvernement a affirmé que « les Libanais ont jugé que ce sujet devait être discuté dans le cadre du dialogue national qui reprendra bientôt. C'est vrai qu'il n'y a plus qu'une séance de dialogue prévue sous l'égide du gouvernement actuel, mais dès que le prochain gouvernement sera nommé, le dialogue reprendra sous la présidence de Michel Sleiman ». Il a précisé que cette manière de procéder rapprochait considérablement les points de vue et contribue à l'ouverture des différentes parties impliquées dans ce processus de dialogue.
Sur le bilan des discussions qu'il a eues avec le président égyptien, M. Siniora a affirmé que « les sujets de conversation ont été divers et variés, des sujets qui sont d'une grande importance pour nos deux pays. Nous allons poursuivre ces efforts en coopération avec mon homologue Ahmad Nazif, surtout en ce qui concerne l'importation de gaz durant les mois à venir. Nous avons également évoqué la situation sur le plan arabe et les circonstances que traverse notre région, et plus particulièrement les initiatives pour la paix lancées par l'administration américaine présidée par Barack Obama. Nous nous sommes attardés sur les initiatives qui sont en harmonie avec l'initiative arabe et le principe de solution globale et juste, notamment pour la cause palestinienne. Nous avons également abordé le franc succès démocratique réalisé par le Liban, une première en 50 ans, car ces dernières élections ont permis de démontrer que l'État libanais est fermement attaché à la démocratie et qu'il tient à permettre aux citoyens de faire connaître leur volonté par le biais des urnes ».
Le Premier ministre a d'autre part indiqué qu'il portait au président de la République Michel Sleiman et au gouvernement libanais les salutations de Hosni Moubarak, lequel a assuré à M. Siniora « le soutien indéfectible de l'Égypte au Liban, à sa souveraineté, sa liberté et son indépendance ».
Gaz naturel et électricité
Interrogé sur le point de savoir s'il partageait l'optimisme dans lequel baigne la région actuellement, le Premier ministre a indiqué qu'il est « indéniable qu'avec la nouvelle administration américaine, c'est un nouveau langage qui est en train d'être utilisé (...) Cette administration est en train d'exprimer un engagement fort auprès des pays arabes, notamment à l'égard d'une paix juste et durable dans la région, ayant pour base l'initiative de paix arabe. Il s'agit de ne pas gaspiller cette chance, mais bien de la renforcer (...) sans se montrer vulnérables aux provocations et aux pressions » israéliennes.
M. Siniora a ensuite eu une entrevue avec son homologue égyptien Ahmad Nazif. « Nous avons surtout axé nos discussions sur l'importation de gaz naturel et d'électricité. Ce projet a commencé il y a deux mois environ et concerne quatre pays arabes : l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Syrie », a expliqué M. Siniora à l'issue de la réunion. « Le fait pour le Liban de pouvoir importer du gaz naturel nous permettra de faire travailler un nombre important de centrales électriques (...) Ce projet sera concrétisé dans un délai de deux mois », a-t-il aussi indiqué. Après avoir discuté avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, le Premier ministre a déclaré que les discussions avaient été axées sur la situation régionale « à l'aune de l'intérêt croissant de la communauté internationale pour les affaires arabes, notamment les efforts américains » en direction de la paix dans la région.
M. Tabourian s'est de son côté réuni avec le ministre égyptien du Pétrole Sameh Fahmi en compagnie de Sarkis Hleiss et Kamal Hayeck. Les discussions ont été axées sur l'importation par le Liban de gaz naturel et d'électricité en provenance d'Égypte. Les deux délégations se sont accordées sur le fait que le début des importations aurait lieu dans un délai maximal de deux mois. En soirée, la délégation présidée par M. Siniora est arrivée à l'aéroport international Rafic Hariri, au terme de la visite express au Caire.


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