« Il n'est pas juste de dire, comme l'ont fait certains candidats et certains hommes politiques pour justifier leur échec, que le peuple est ignorant et ne les a pas compris, ou bien que c'est la mentalité tribale qui a prévalu aux élections. Ou encore qu'en reconduisant la majorité, le peuple corrompu a voté pour la corruption », a-t-il lancé.
« L'échec ne permet pas à ceux qui ont été battus d'insulter le peuple. L'objectivité commande à celui qui perd les élections de se plier à la volonté du peuple. Ce n'est pas le peuple qu'il faut changer. Il faudrait plutôt l'entendre », a-t-il dit. « Qualifier le peuple de corrompu parce qu'il n'a pas voté pour eux est une preuve du mépris qu'ils portent pour ce grand peuple du Liban », a ajouté M. Harb, parodiant le général Michel Aoun.
« Nul n'a le droit de décider unilatéralement du sort du Liban », a-t-il par ailleurs souligné. « Aucune fraction ne peut sortir du cadre de la Constitution pour imposer son point de vue. Le chemin de l'unité et de la coopération commence par le respect des dispositions constitutionnelles et des suffrages des citoyens. Les élections ont débouché sur une majorité qu'il n'est pas permis d'ignorer », a-t-il dit.
« Il est vrai que notre système institutionnel est un système consensuel dont les règles sont définies dans la Constitution. Mais cela ne signifie pas que c'est un système unanimiste, ni fondé sur la paralysie et les menaces. La règle est que la majorité parlementaire doit assumer le pouvoir et que la minorité s'oppose, contrôle et sanctionne. Certains ont tenté de dénaturer ce système en prétendant que notre formule consensuelle impose le partage du pouvoir entre la majorité et la minorité », a-t-il noté.
« C'est une grande hérésie que de considérer qu'une telle participation de la minorité est imposée par la Constitution et c'est encore une plus grande hérésie que de prétendre qu'il faut que sa participation soit proportionnelle à son poids à la Chambre. Cela est tout simplement un sommet dans la tentative de renverser le système », a-t-il insisté.
Et d'ajouter : « Mais cette position ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ouverture sur la minorité, si celle-ci est déterminée à entrer au gouvernement. Cela signifie, en revanche, qu'il n'est pas question de revenir à la formule du tiers de blocage, et qu'il est possible d'accepter, à titre exceptionnel, et j'insiste sur le mot exceptionnel, la participation de celui qui le voudrait, au sein de la minorité, sur la base des conditions suivantes :
1 - Nombre des ministres (de l'opposition) inférieur au tiers des membres du gouvernement.
2 - Engagement préalable à respecter le principe de la solidarité gouvernementale.
3 - Reconnaissance du droit du président de la République à choisir un certain nombre de ministres lui permettant de jouer un rôle d'arbitrage dans les décisions importantes.
4 - Accord sur la teneur de la déclaration ministérielle et les orientations politiques du gouvernement avant la formation de ce dernier. »
« Je rejette tout gouvernement qui accorderait à la minorité le droit de blocage et je refuse qu'un gouvernement soit formé sans qu'il ne dispose d'une déclaration ministérielle claire », a poursuivi M. Harb. « Si quiconque au sein de la minorité souhaite prendre part à la décision politique aux côtés de la majorité et s'il accepte d'entrer au gouvernement sur la base d'un programme reflétant les orientations de la majorité, alors il sera le bienvenu », a-t-il encore dit.


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