David nous explique les objectifs de son organisation, qui se fondent avec sa décision de rentrer au bercail après avoir vécu sa vie aux États-Unis. « Dès le début, je comptais fonder un projet pour encourager l'innovation et l'entrepreneuriat social, explique-t-il. J'ai cherché à établir des partenariats et travailler avec des organisations déjà sur le terrain. Mais cela s'est avéré très difficile, parce que les organisations ici sont habituées à travailler seules et à ne pas échanger les informations. Voilà pourquoi nous nous sommes finalement résolus à faire le contraire : nous avons fondé un bureau et invité les autres à se joindre à nous. »
Aujourd'hui, Root Space soutient surtout les personnes qui ont un projet, et qui ne veulent pas pour autant fonder une organisation pour le mettre en place. L'ONG met à leur disposition des bureaux : certains les louent pour une période donnée, d'autres de façon plus permanente. Root Space a aussi ses propres projets, dont Sawt Ashabab est un échantillon. « Nos valeurs sont la neutralité et le refus de toute discrimination », précise David.
Mais ces objectifs à court terme en cachent d'autres, que le jeune homme espère réaliser à plus long terme, et même une véritable philosophie. « Nous voudrions promouvoir le développement durable à travers l'innovation et l'entrepreneuriat social, encourager le journalisme citoyen et contribuer à mettre les technologies au service du changement social », souligne-t-il.
Et l'idée philosophique qui sous-tend tout cela ? « Les pays comme le Liban sont un réceptacle d'idées, de produits importés, indique David. Or, pour moi, le Liban est tout à fait capable d'exporter des idées et des produits. Je voudrais briser ce système selon lequel les pays développés donnent, et les autres reçoivent. Le Liban est un pays dynamique qui a du potentiel, mais il subsiste des problèmes liés à l'administration, à l'infrastructure, aux barrières sociales et autres. »


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