Comment l'autre camp va-t-il réagir à la victoire de la majorité ? « Avant toute chose, il m'importe que cette victoire ne soit pas souillée par des manifestations ou autres convois partisans... Le 14 Mars s'est battu et a gagné en faveur du projet de l'État », a-t-il martelé, appelant son public encore une fois à éviter toute extravagance et toute provocation. « Si l'opposition gagne à Baabda, je serai l'un des premiers à féliciter les gagnants dans ce caza. Restons civilisés », a exigé Walid Joumblatt.
Y aura-t-il une main tendue au 8 Mars sur le plan politique ? « Je vais évidemment me concerter avec mes alliés du 14 Mars. Mais il faut absolument éviter l'autarcie et l'ivresse de la victoire : la route est longue, très longue pour arriver au projet de l'État, et ce projet ne se définit que par le dialogue, d'une importance capitale », a rappelé le chef du PSP, assurant que son alliance ne bougera pas d'un iota. « Notre seul étendard doit cependant rester le drapeau libanais, loin des signes extérieurs partisans, confessionnels ou sectaires », a-t-il encore tenu à dire, réitérant encore une fois son vibrant appel à ses partisans : « Les régions mixtes sont extrêmement délicates, il faut faire très attention et respecter autant ses alliés que ses adversaires du 8 Mars... Oui, nous avons gagné, mais nous devons méditer : quel futur nous attend ? Et le futur, c'est le dialogue », a-t-il tranché.
Le dialogue à Baabda va-t-il se poursuivre ? « Le CPL reste une partie de l'opposition et une composante essentielle de la table de dialogue. Il faut réellement éviter d'isoler qui que ce soit. Ce dialogue à Baabda doit se poursuivre, peut-être avec une autre formation », a estimé le leader druze, relevant que le tiers de blocage était anticonstitutionnel. « Le donner au chef de l'État le serait tout autant. Il faut penser à une formule qui donnerait au président de la République des prérogatives qui s'inscriraient dans le cadre de l'esprit de Taëf », a-t-il préconisé.
Une heure plus tôt, le chef du PSP avait déjà mis en garde, sur la LBCI, avant même que les premiers résultats des élections ne soient connus, contre la tentation que chaque camp pourrait connaître d'isoler son adversaire.
« Nul ne doit commettre la faute mortelle d'isoler l'autre », a affirmé le chef du PSP, qui a évoqué la possibilité de la formation d'un gouvernement d'union nationale, en cas de victoire du 14 Mars. Dans le cas contraire, il a affirmé qu'il devra « consulter ses alliés ». Toutefois, il paraissait confiant dans le verdict des urnes, en particulier dans les cazas du Chouf et de Aley. « Malheureusement, a-t-il dit, à côté de certains votes politiques, il y a quelques votes " instinctifs". »
M. Joumblatt a jugé regrettable, en particulier, que des voitures sillonnent les routes et que des insultes et des propos obscènes soient proférés à l'encontre de l'adversaire.
« Nous avons voté pour une ligne politique, nous n'avons pas voté contre des personnes », a-t-il lancé.
Affirmant ne pas avoir assez de données pour juger des rapports entretenus par le chef de l'État avec le président de la Chambre, Nabih Berry, M. Joumblatt n'a pas moins jugé qu'aussi bien le 14 Mars que l'opposition avaient jugé qu'il serait bon pour le chef de l'État de disposer d'un bloc centriste. Toutefois, nous nous sommes dédit par la suite et chacun a tenté de reprendre autant de voix possibles à ce centre, ce qui a provoqué un clivage absolu entre deux tendances. Une chose que M. Joumblatt a jugé « malsaine ».


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