Elle s'appelle Nadia Boueiz
Un jour, Nadia Boueiz entre dans ma cellule très privée. Tu veux t'en sortir ? me demande-t-elle.
Non, je lui réponds. Et de quoi ? De qui ? Pouvez-vous me sortir de prison ? Non ? Alors, non, je ne veux pas.
O.K., me dit-elle. Et là-dessus, en douce, ensuite en fanfare, elle me sort de prison. De ma prison privée, celle de la dépendance. Elle entame un long chemin, que d'autres reprendront avec moi par la suite, continuant ce qu'elle a commencé.
Elle s'appelait Nadia Boueiz. Dans mon récit, Les murs ne font pas la prison, je l'ai appelée Nadia Bejjani, par pudeur, par respect. Par peur d'entraver son travail dans les prisons. Un peu arrogante, ma peur. Car enfin, qui aurait pu arrêter Nadia quand elle décidait d'entreprendre ?
Nadia est partie ce matin, pendant que nous nous réunissions, nous autres ex-addicts, avec monseigneur Guy Njeim, fondateur de Oum el-Nour, à Sarba, pour prier pour elle. Comme une réponse directe, alors que la prière était à peine achevée, Nadia était partie.
J'y ai vu un signe. Dieu ne voulait pas que Nadia souffre dans sa chair, elle avait assez souffert dans celle des autres. Elle avait gagné son paradis.
Repose en paix, Nadia. Et merci.
Joëlle GIAPPÉSI
Mythologie et banlieue
L'Iliade d'Homère fait un tabac dans la banlieue sud. Lorsqu'un groupe (n'importe lequel) se sent lésé, à tort ou à raison, il riposte rituellement en visant le tendon d'Achille du Liban, qui par hasard se trouve à côté. Vous l'avez deviné ; la route de l'aéroport.
Y aurait-il un moyen de protéger ce tendon de la flèche de Pâris ?
Paul HADDAD
Des coutumes qui changent
Dans les années 1970, le Liban était le plus beau pays touristique du Moyen-Orient. On pouvait veiller jusqu'à l'aube sans être dérangé ; la jeunesse adoptait, toutes confessions confondues et sans aucun complexe, les excentricités de la mode. Ainsi, la femme portait tantôt la minijupe et tantôt la maxi. Elle pouvait aussi se balader librement sur la corniche de Beyrouth sans se soucier du monde de l'interdit. Aujourd'hui, il est regrettable de voir notre jeunesse divisée brusquement entre deux tendances et deux coutumes tout à fait opposées, l'une très austère, n'admettant point la modernité et s'enfermant dans le monde de l'intégrisme imposant le voile pour la femme, l'autre toujours à la page et refusant de vivre dans le passé. Quant à nos boîtes ou pubs, il est étrange de voir le ministère de l'Intérieur obliger les propriétaires de ces boîtes d'arrêter la musique avant minuit et de ne plus servir des boissons après 1'heure du matin, heure à laquelle ils sont tenus de fermer.
Nazira A. SABBAGHA
Un jour, Nadia Boueiz entre dans ma cellule très privée. Tu veux t'en sortir ? me demande-t-elle.Non, je lui réponds. Et de quoi ? De qui ? Pouvez-vous me sortir de prison ? Non ? Alors, non, je ne veux pas.O.K., me dit-elle. Et là-dessus, en douce, ensuite en fanfare, elle me sort de prison. De ma prison privée, celle de la dépendance. Elle entame un long chemin, que d'autres reprendront avec moi par la suite, continuant ce qu'elle a commencé.Elle s'appelait Nadia Boueiz. Dans mon récit, Les murs ne font pas la prison, je l'ai appelée Nadia Bejjani, par pudeur, par respect. Par peur d'entraver son travail dans les prisons. Un peu arrogante, ma peur. Car enfin, qui aurait pu arrêter Nadia quand elle...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef