« C'était très important de gagner ce premier set. Gaël l'a senti mentalement et physiquement », a déclaré le vainqueur. « J'ai essayé de jouer agressif, c'est pour ça que j'ai fait quelques fautes, j'ai pris peut-être un peu trop de risques, mais j'avais peur qu'il s'y mette avec son coup droit. »
En contraste total avec son huitième de finale contre Andy Roddick, disputé dans une atmosphère surchauffée sur le court Suzanne-Lenglen, Monfils n'a pas su emballer le match.
Au premier set, il a pourtant fait jeu égal avec le Suisse du fond du court, mais il lui a manqué le brin de folie indispensable pour faire douter un champion du calibre de Federer. C'est au contraire le n° 2 mondial qui a su prendre les plus gros risques offensifs et qui en a été récompensé.
Du coup, le Central est resté étrangement amorphe, comme s'il s'agissait d'un simple match de la première semaine entre deux anonymes.
« Au premier set, j'ai eu des occasions mais je n'ai pas su les concrétiser. Je me suis un peu énervé. Après c'était plus dur et il a bien joué », a réagi Monfils.
Une fois aux commandes, Federer a été intouchable. Excellent au service, il a dirigé les échanges avec son superbe coup droit. Dans un tournoi marqué par des sorties très moyennes contre José Acasuso (4 sets) puis Tommy Haas (5), il a fait de loin son meilleur match.
Monfils a fait appel au médecin du tournoi avant le début du troisième set, mais il ne s'agissait apparemment pas d'un réveil de sa blessure à un genou.
20e demie de suite
Le Parisien avait été longtemps incertain avant le tournoi, mais son état avait paru s'améliorer au fil des matches.
Federer affrontera Juan Martin Del Potro (n° 5), qui a battu hier l'Espagnol Robredo en trois sets, dans sa 20e finale de suite en grand chelem. Mais l'Argentin ne semble pas, à priori, capable de lui barrer la route d'une quatrième finale consécutive.
Le Suisse est archi-favori pour remporter le dernier titre du grand chelem qui manque à son palmarès et égaler le record des titres majeurs détenu par Pete Sampras (14).
De ses trois derniers adversaires possibles, le Chilien Fernando Gonzalez est le seul à l'avoir déjà battu. Son bilan contre Federer est d'une victoire pour... 12 défaites. Robin Soderling est à 0-9 et Del Potro à 0-5.
« Ça montre que j'ai déjà joué beaucoup de très bons matches », a dit le Suisse quand on lui a fait remarquer cette statistique. « C'est bon d'en parler parce que les gens ont dit beaucoup de c... ces derniers temps. »
Pour Monfils, la quinzaine a quand même été satisfaisante malgré la déception finale, compte tenu des incertitudes qui pesaient sur sa participation. Demi-finaliste l'année dernière, il ne va faire qu'un recul limité au classement mondial.

