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Moyen Orient et Monde - Le Point

L’anti-Bush

La minitournée proche-orientale de Barack Obama a déjà porté des fruits. La voie menant à l'université du Caire a été réasphaltée, les ponts et même les lampadaires ont été repeints et autour de la Citadelle on a vu émerger en une nuit des arbres. Pour le reste, l'atmosphère est, décrite par un observateur avisé de la vie publique, à l'optimisme sceptique, ce qui en dit long sur une opinion publique qui en a vu d'autres depuis la venue d'un certain Richard Nixon. Et qui se souvient du savoureux poème publié pour l'occasion par Ahmad Fouad Nagm. Encore conviendrait-il de noter que le 44e président américain ne partage avec « Tricky Dicky » que le titre de chef de l'Exécutif de son pays et qu'il entreprend son périple fort d'une incontestable popularité dont était loin de jouir le triste héros du Watergate.
Des propos apaisants, exaltants peut-être, on en entendra aujourd'hui, à l'occasion du discours tant attendu à l'adresse du monde musulman dont l'auteur, notait hier le quotidien saoudien al-Riyad, n'est ni un allié, ni un soutien, tout juste « un Américain modéré ». Mais après tout, attend-on autre chose du successeur de George W. Bush qu'une certaine forme d'objectivité alors que les dégâts causés par huit années de gestion républicaine sont énormes ? Il est incontestable que l'Amérique a beaucoup à faire oublier, qu'il s'agisse de l'équipée mésopotamienne, des scandales énormes d'Abou Ghraib et de Guantanamo ou de la fidélité sans faille aux vues d'Israël, enfin du réveil un peu trop tardif aux réalités du monde arabe. À cet égard, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a bien fait de tempérer l'euphorie prévalant depuis quelques jours dans la capitale fédérale. « Nous nous apprêtons, dans nos rapports avec le monde musulman, a-t-il dit aux journalistes, à remettre les pendules à l'heure. » Sages paroles, prononcées après celles du président sur la chaîne NBC, quelques heures avant d'embarquer à bord d'Air Force One : « Après tout, il faudra plus qu'un discours pour régler nos divergences de vues et établir de nouveaux rapports entre l'islam et l'Occident. »
Avec Benjamin Netanyahu, le contact avait bien vite tourné à l'aigre, même si le Premier ministre israélien peut s'enorgueillir d'avoir obtenu de son interlocuteur un délai pour tester la bonne foi des Iraniens - « nous n'allons pas discuter indéfiniment avec eux », la date-limite se situant vers la fin de l'année en cours - alors que lui-même était resté ferme sur le sujet des colonies de peuplement comme, d'une manière plus générale, sur le processus de paix. Il n'en reste pas moins que la diplomatie US ne manque pas une occasion de rappeler la nécessité d'un gel d'une colonisation qui se poursuit à un rythme accéléré, comme en un défi lancé à la face du monde. D'ailleurs, à supposer qu'il le veuille, il est impossible à « Bibi » de se dépêtrer de la toile d'araignée tissée par l'alliance Shass-Israël Beiteinou autour de son cabinet. Tout comme, effet d'un curieux mariage de la carpe et du lapin nécessité par son montage gouvernemental, il lui est difficile d'ignorer le danger d'un lâchage par son aile « modérée », incarnée par Ehud Barak, s'il venait à maintenir son « non » aux exigences du protecteur yankee.
Contre toute attente, c'est des ultras qu'est venue la volte-face, représentée par la bombe Lieberman. « Nous n'avons pas l'intention d'attaquer l'Iran. Le programme nucléaire de ce pays représente un problème qui concerne l'ensemble de la région. Que l'on ne compte pas sur nous pour le régler », a indiqué le ministre israélien des Affaires étrangères, de Moscou où il se trouve. Assortie d'un rappel géographique - « ce sont, entre autres, les Émirats arabes unis qui ont une frontière avec la République islamique » - la reculade, en réalité, n'en est une qu'en apparence. C'est, en fait, le « Big Brother » qui est invité ainsi à veiller sur ses intérêts stratégiques et surtout pétroliers, quitte pour cela à prendre la direction d'éventuelles opérations militaires, ou à tout le moins à accentuer la pression sur ces mollahs décidément trop pressés d'acquérir l'arme suprême.
Il est clair qu'au chapitre des relations avec un monde musulman fort de son milliard et demi de fidèles, le périple entamé hier est assuré d'un net succès. C'est au plan régional que l'horizon semble passablement embrouillé. Parti sur l'idée qu'il pouvait demander à ses interlocuteurs arabes de nouveaux gestes, l'administration démocrate s'est heurtée à un refus poli mais net, ses interlocuteurs estimant, après l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite, en avril 2002, qu'il incombait maintenant à Tel-Aviv de faire un pas.
Et à tous les adversaires, peut-être, d'une épreuve de force qui n'a que trop duré, de « donner le temps au temps ».
La minitournée proche-orientale de Barack Obama a déjà porté des fruits. La voie menant à l'université du Caire a été réasphaltée, les ponts et même les lampadaires ont été repeints et autour de la Citadelle on a vu émerger en une nuit des arbres. Pour le reste, l'atmosphère est, décrite par un observateur avisé de la vie publique, à l'optimisme sceptique, ce qui en dit long sur une opinion publique qui en a vu d'autres depuis la venue d'un certain Richard Nixon. Et qui se souvient du savoureux poème publié pour l'occasion par Ahmad Fouad Nagm. Encore conviendrait-il de noter que le 44e président américain ne partage avec « Tricky Dicky » que le titre de chef de...
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