Donc, un an après l'exposé du plan présidentiel, voici sa feuille de route pour le restant du parcours. Un programme de pouvoir émaillé de réponses aux questions tournant autour du projet d'État comme du rôle du président de la République. À ce propos, le chef de l'État, répliquant à ses contempteurs sans les nommer, leur a rappelé qu'en 12 mois, il a visité plus de 20 États, prononcé 55 discours pour la défense du Liban, et que par un tel effort, il a réussi à ramener le pays sur la scène internationale. Sans jamais oublier de rappeler aux dirigeants rencontrés la nécessité de ne traiter avec notre pays qu'à travers son président et ses institutions.
À Jbeil, Michel Sleiman a mis l'accent sur la phase essentielle qui va suivre les législatives, en précisant qu'il doit certes y avoir participation, mais non partage en trois, et en observant que le président de la République devrait disposer en Conseil des ministres d'un tiers dit d'équilibre pour pouvoir arbitrer.
Abondant dans ce sens, en rajoutant que le chef de l'État est de plus chargé de veiller à l'application des lois, Constitution en tête, un ministre remarque qu'il faut lui en donner les moyens. Il est absurde, poursuit-il, de prier un arbitre de diriger une rencontre sportive sans lui remettre un sifflet et des cartons jaunes ou rouges. Or c'est ce que certains font quand ils demandent au président de la République de trancher les conflits, ou d'assurer l'harmonie entre les pouvoirs, sans lui en donner la possibilité concrète.
Taëf a détourné les prérogatives fondamentales du chef de l'État pour les confier au Conseil des ministres, ce dont profite en tout premier lieu, et tout naturellement, le président de cette instance. D'où un déséquilibre préjudiciable que des pôles du 14 Mars tentent de faire corriger, à la table de dialogue national, en réclamant le tiers d'équilibre pour le président. D'autres soulignent que pour que la machine d'État puisse fonctionner, on doit réviser Taëf et redonner au président de la République le droit de dissoudre la Chambre et de révoquer le gouvernement, sous des conditions précises et des garde-fous pertinents. Selon un juriste expérimenté, il est clair que sans un rétablissement de ses prérogatives, assorti toutefois d'un assouplissement par rapport à la précédente République, le chef de l'État ne peut assumer sa mission de gardien de la Constitution, comme il en prête le serment, ni être vraiment le symbole de la nation.
Pour les opposants, un président de consensus ne peut intervenir en rien, doit rester neutre et ne pas disposer d'un bloc parlementaire. Les loyalistes répondent qu'au-delà de sa vocation de rassembleur, et même à cause d'elle, un président de la République ne peut être neutre quand l'intérêt national, ou le concept de patrie, est en jeu. Son devoir lui impose, en ce cas, de ne pas se contenter de parler, ou de jouer les médiateurs tièdes, mais d'agir et il doit en avoir les moyens. En somme, c'est le même avis que le président a développé à Jbeil quand il a précisé que président de consensus n'est pas synonyme de simple gestionnaire de crise, mais d'auteur de solutions pondérées. Il a ainsi réussi, au cours du dernier Conseil des ministres, à résoudre le problème des cinq nominations en suspens au Conseil constitutionnel.


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