Pour Michel Sleiman, l'année écoulée a été « très difficile, notamment sur les plans de l'économie et du terrorisme... Mais nous avons dépassé tout cela ; nous avons également réussi à tenir le Liban à l'écart des conflits interarabes », a-t-il ajouté. « Nous avons pu aussi placer Israël sur le banc des accusés : le Liban est désormais un État respecté », a renchéri le locataire de Baabda, se demandant s'il est « bien raisonnable que notre pays soit libéré alors que nous sommes toujours dans l'incapacité de nous entendre entre nous pour garantir un minimum de stabilité politique »...
Le n°1 de l'État, dont les propos étaient recueillis par l'hebdomadaire as-Sayyad, a récusé l'accusation selon laquelle il se déplace entre les gouttes. « Je les élimine de mon chemin pour éviter les erreurs », a-t-il assuré.
Dressant le bilan de sa première année à Baabda, Michel Sleiman a évoqué l'affaire des trois tiers et la question de la réduction du mandat présidentiel. « Voilà deux points constitutionnels qui ne peuvent être posés sur la table que par un accord national », a-t-il jugé, relevant que le rôle du président de la République est « d'imposer les équilibres au Liban et non pas de gérer les crises ».
Le chef de l'État s'est en outre prononcé pour que la proportionnelle soit au cœur de la loi électorale, ne serait-ce que pour « éviter les polarisations confessionnelles ». Michel Sleiman a relevé au passage que les résultats du scrutin 2009 seront acceptés quels qu'ils soient « à condition qu'ils ne mettent pas en péril la coexistence », concluant par cette assurance : « Je maîtrise l'art du travail en équipe, et mes décisions sont inspirées par mes conseillers, reconnus pour leur compétence et leur audace. »
Ces propos présidentiels ont été publiés au lendemain du message de Michel Sleiman prononcé au Eddé Sands à l'occasion du premier anniversaire de son élection. Des sources bien informées parlent d'une nouvelle adresse publique aux Libanais du chef de l'État avant le dimanche 7 juin. Ce dernier profitera de la séance de dialogue national censée se tenir lundi prochain pour axer son intervention sur les législatives 2009 et l'urgence qu'elles se tiennent dans un climat apaisé, sûr, transparent, et qu'elles prouvent l'attachement des Libanais à la pratique démocratique qui est la leur. Michel Sleiman insistera en outre sur l'importance de la complémentarité entre toutes les parties, mettant l'accent sur la nécessite de consacrer la deuxième année de son mandat à l'accélération des plans d'action et leur concrétisation sur le terrain.


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