Lors de sa dernière visite sur le chantier de l'Euro 2012, en Ukraine et en Pologne à la mi-avril, le président de l'UEFA, Michel Platini, a répété que l'organisation du tournoi resterait bien entre les mains de ces deux pays : « Impossible que l'Ukraine perde l'Euro 2012, comme la Pologne. »
Après ce voyage, des sources proches du dossier avaient dégagé une tendance pour la répartition des sites (tâche qui revient au comité exécutif) : quatre sites validés côté polonais et deux côté ukrainien. Un compromis qui permettrait d'avancer dans ce dossier en limitant la casse en Ukraine.
Les sites élus chez les Polonais pourraient être Varsovie, Poznan, Wroclaw et Gdansk. En Ukraine, l'UEFA pourrait retenir Kiev et... Odessa. Donetsk s'est pourtant doté d'un stade futuriste. Mais les capacités d'hébergement et les infrastructures de transports pour parvenir à ce site sont jugées insuffisantes par les experts de l'UEFA. Sans parler des prix des chambres prohibitifs, prévus pour 2012, pour les quelques hôtels recensés dans la zone de Donetsk.
Odessa, située sur les bords de la mer Noire, paraît mieux équipée pour accueillir spectateurs et équipes.
Nouveau délai de six mois ?
Mais le comité exécutif de l'UEFA, dont la composition a récemment changé et qui n'est plus tout à fait celui qui avait attribué l'organisation de l'Euro 2012, pourrait aussi adresser un dernier rappel à l'ordre à l'Ukraine en lui donnant six mois pour présenter des sites dignes de ce nom et du tournoi final.
Même si M. Platini ne s'est jamais prononcé sur la répartition des sites, ses déclarations sur place mi-avril avaient été beaucoup plus enthousiastes en Pologne que celles de la veille en Ukraine : « Quand on parle des constructions, des rénovations et des infrastructures, c'est plus facile du côté polonais que du côté ukrainien. »
Si les experts en charge du dossier technique à l'UEFA sont globalement satisfaits du plan de travail polonais, ils se montrent en revanche toujours perplexes, voire inquiets pour le volet ukrainien.
Crises politiques, retards
Le tableau n'est guère engageant : l'Ukraine est durement touchée par la crise financière et secouée par les crises politiques à répétition (absence des réformes promises). Sans oublier les retards considérables en matière d'infrastructures (stades, transports, hébergement) inhérentes à l'organisation d'un évènement majeur comme un championnat d'Europe des nations.
Jamais attribution d'Euro n'aura autant suscité doutes, interrogations et polémiques. Pour rappel, ce choix du 18 avril 2007 n'était pas celui de M. Platini, contrairement à une idée reçue, qui prônait une ouverture progressive à l'Est, mais pas de cette façon, plutôt par un élargissement de la Ligue des champions.
Échaudée par ce dossier épineux, l'UEFA impose désormais des critères draconiens aux candidats à l'Euro, comme ont pu s'en rendre compte lors d'un récent séminaire en Suisse les postulants à l'édition 2016 (la première à 24 équipes), la France, l'Italie, la Turquie et le duo Suède-Norvège.


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