Qui a fait cette déclaration ? Le seul vrai défenseur des Libanais en général et des chrétiens en particulier ; non pourri comme tous les autres ; notre Monsieur Propre national, que nous avons commis l'irréparable bêtise de ne pas supplier à genoux de devenir président de la République.
Nous voici, une nouvelle fois, éclairé par notre homme providence, nous, les obscurs qui ne comprenons rien à rien. Quatre ans d'enquête internationale, une fortune dépensée à payer des fonctionnaires internationaux, tous presque aussi pourris que tous nos hommes politiques, sauf un bien sûr : lui, notre général national.
Vous avez bien lu, bon peuple du Metn et du Kesrouan qui lui avez déroulé le tapis rouge lors des précédentes élections : ces quatre dernières années, on vous a joué un scénario fabriqué de toutes pièces... dans « le but de lancer des accusations contre la Syrie, à tort. Oui, vous avez bien lu : à tort.
Bravo et merci, mon général. Je vais vite faire transférer ma carte d'électeur de Baabda, mon village natal, au Kesrouan, à seule fin d'avoir l'honneur de voter pour vous. Je le confesse, avec honte : j'étais persuadé que nos frères syriens étaient bel et bien responsables de l'assassinat, non seulement du président Hariri, mais aussi de ceux de Samir Kassir, Gebran Tueni et de mon neveu, Pierre Gemayel.
J'avais lu « le scénario » concocté et écrit par Mehlis et que les enquêteurs suivants ont continué à dérouler. En fait, Il n'y a jamais eu de « stylo enregistreur » de la conversation de Rafic Hariri à Damas, et le président Bachar el-Assad ne lui a jamais dit qu'il ferait s'écrouler le Liban sur sa tête et sur celle de Walid Joumblatt. La voix proférant ces menaces que Mehlis a entendue sur ce stylo enregistreur était celle d'un mauvais acteur payé par Rafic Hariri pour se rendre intéressant.
D'ailleurs, lorsque on y réfléchit bien, jamais le pouvoir syrien, intégralement composé de purs démocrates, n'accomplirait de si mauvaises actions. Grâce à vous, mon général, nous allons, enfin, pouvoir commencer à corriger les erreurs de l'Histoire, avec un grand « H ».
Un grand « H » comme Hama. Cela, non plus, n'a jamais existé. Il est grand temps de le dire et il ne vous reste plus qu'à faire une déclaration à ce sujet, et nous vous croirons.
En vérité, ce pays ne vous mérite pas.
Je viens d'avoir une idée, sans doute ingénue, mais originale : je m'en vais, de ce pas, écrire au département des naturalisations de la République arabe syrienne pour leur demander de vous délivrer un passeport d'honneur.

