La totalité des 43 banques interrogées par Dow Jones Newswires pariaient hier sur une baisse similaire à celle du 2 avril, soit d'un quart de point, pour atteindre un nouveau plus bas historique depuis la création de la BCE en 1998.
Conformément à ses habitudes, son président, le Français Jean-Claude Trichet, avait profité de sa conférence de presse d'avril pour tracer une feuille de route.
Il avait alors parlé d'un geste « très mesuré » à venir, et de nombreux responsables de la BCE, dont le très influent Axel Weber, ont martelé depuis qu'un taux inférieur à 1 % serait néfaste aux seize pays de la zone euro.
« La BCE devrait-elle baisser les taux en dessous de 1 % dans le cycle actuel ? Probablement, oui. Va-t-elle le faire jeudi prochain ou dans un futur proche ? Sans doute que non ! » s'amuse Aurelio Maccario, d'Unicredit, habitué à commenter les faits et gestes d'une institution parfois jugée sévèrement par les analystes pour sa trop grande prudence. « La Banque centrale va sans doute indiquer (jeudi) qu'elle en a fini sur le front des taux », ajoute-t-il.
Et ce alors que les dernières prévisions pour l'économie de la zone euro sont sans appel. Après que l'Allemagne eut anticipé un plongeon de 6 % de son produit intérieur brut (PIB) cette année, la Commission européenne a admis lundi s'attendre à une récession de 4 % pour l'ensemble de la zone.
Si d'autres indicateurs, y compris les résultats de certaines grandes entreprises européennes, laissent espérer que l'économie de la zone a touché le fond de la crise au premier trimestre, « les perspectives économiques restent fragiles », sur fond de « pénurie du crédit », prévient Jürgen Michels, de Citi.
Coincée entre la gravité de la récession et son opposition franche à mener une politique de taux zéro comme aux États-Unis, la BCE devrait donc présenter jeudi un plan de mesures non conventionnelles - qui ne touchent pas aux taux -, comme l'a déjà promis M. Trichet.
Les économistes s'attendent ainsi à un allongement de la durée maximale des opérations de refinancement de six à douze mois.
Ces opérations sont un des principaux outils utilisés par la BCE pour alimenter depuis l'été 2007 les établissements bancaires en liquidités à des taux favorables pour pallier la paralysie du marché interbancaire et éviter une pénurie du crédit.
Mais la BCE pourrait se contenter de cette seule annonce, estiment certains analystes.
Selon Erik Nielsen, de Goldman Sachs, la BCE pourrait décider aussi le rachat de titres de créance, comme des billets de trésorerie, mais « c'est loin d'être gagné en raison de la résistance de nombreux membres du conseil des gouverneurs ». Une telle mesure qui équivaut à « faire marcher la planche à billet » hérisserait en effet les banquiers centraux les plus orthodoxes.
L'institut pourrait éventuellement « présenter un cadre général » pour racheter des titres, mais sans le mettre en place tout de suite, selon Citi.


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