« Nul n'a porté plainte contre les 4 généraux, a noté Samir Geagea. Ils ont été arrêtés pour des raisons liées à l'enquête, ni plus ni moins. Seul le tribunal peut décider de leur innocence ou de leur culpabilité. (...) S'ils étaient vraiment innocents, le juge de mise en état n'aurait pas demandé aux autorités libanaises de garantir leur sécurité. »
« Pourquoi Daniel Bellemare n'a-t-il pas demandé la libération des 4 généraux dès son entrée en fonctions ? s'est-il interrogé. C'est parce que l'arrestation des officiers était régie par le code libanais des procédures pénales qui dispose qu'une personne peut rester en détention tant que des doutes planent sur elle. Lorsque le dossier des officiers a été remis à la justice internationale, cette dernière était obligée de les relaxer provisoirement car la juridiction du tribunal spécial dispose que l'arrestation préventive ne peut pas dépasser les 90 jours. (...) Théoriquement, la justice libanaise aurait pu les relâcher. Mais pratiquement, les juges d'instruction libanais ne disposent que d'une partie infime du dossier de l'enquête qui est entre les mains de la commission internationale pour mille et une raisons. Par exemple, certains témoins ont refusé d'être interrogés par la justice libanaise et ont préféré se confier aux enquêteurs internationaux. (...) Il est donc inadmissible d'accuser la justice libanaise d'avoir subi des pressions politiques pour garder les 4 généraux en détention. »
« Si le 8 Mars voulait réformer la justice, il aurait formé un comité d'experts parmi lesquels auraient siégé l'ancien ministre de la Justice, Adnane Addoum, ainsi que l'un de leurs meilleurs enquêteurs, Joseph Freiha, a-t-il ajouté avec ironie. Et ils auraient nommé Jamil Sayyed au poste de coordinateur de ce comité car le général Sayyed est expert en matière de coordination ! À quoi ressemblera une justice réformée par ceux qui ont pris des milliers de verdicts injustes et erronés contre des milliers de citoyens libanais ? Faut-il rappeler tous les dossiers qu'ils ont montés de toutes pièces, comme celui de Saydet el-Najat, ou la mort de Faouzi el-Rassi sous la torture au ministère de la Défense ? Est-ce qu'il est permis d'assassiner un membre des FL alors que l'arrestation de 4 généraux par la justice internationale est considérée comme étant un crime impardonnable ? »
Exemples
« De plus, notre camarade Antoinette Chahine a été arrêtée et a subi des pressions pour l'obliger à avouer à tort que son frère Jean Chahine a commis l'attentat de Saydet el-Najat, a aussi affirmé Samir Geagea. Et comme elle a tenu bon, ils l'ont condamnée à mort pour l'assassinat d'un prêtre. Et il s'est avéré après 5 ans d'arrestation qu'elle est innocente. Il y a de nombreux cas similaires, dont celui de Manuel Younès et de Aziz Saleh. Ils ont multiplié les pressions contre Sethrida Geagea et ils ont fermé la MTV. Et nous n'oublierons pas le mouvement répressif du 7 août 2001 qu'ils ont lancé contre les étudiants et les opposants politiques. Et ils ont condamné un citoyen palestinien à mort pour l'assassinat d'un diplomate jordanien alors que le coupable a été arrêté et exécuté à Amman. Et l'innocent croupit toujours dans les prisons. (...) La justice actuelle, avec toute sa lenteur, est meilleure que leur justice criminelle et corrompue. »
Le chef des FL a en outre estimé que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, « veut astreindre la justice internationale à demander son feu vert avant de prendre la moindre décision ». « Sayyed Nasrallah a clairement affirmé qu'à l'instar du régime syrien, il n'est pas concerné par le tribunal international duquel il attend du mal. Il semble savoir qu'une personne donnée sera appelée devant le tribunal. Et il prépare le public au fait qu'il s'opposera au transfèrement de cette personne. Les propos de sayyed Nasrallah sont très dangereux et peuvent mener le Liban vers l'explosion. (...) Sa logique est inversée. Il ne s'agit de rien de moins que d'une tentative délibérée de dynamiter le tribunal international. »
Répondant aux questions des journalistes, Samir Geagea s'est dit totalement hostile à d'éventuelles manifestations du 8 Mars devant le ministère de la Justice pour protester contre l'arrestation des 4 généraux pendant 3 ans et 8 mois. « S'ils descendent dans la rue, nous en ferons de même », a-t-il enfin averti.

